La faim du squelette de Ludovic Lecomte (Auteur), Barroux (Illustrations)

Chaque année, la nuit du passage à l’an suivant, un Nouveau est choisi pour rejoindre le cortège des Z’horribles, dans la maison hantée.

Cette année, ce sera le tour d’Ostache, le squelette, qui doit, comme le veut la tradition, préparer un festin pour tous les Z’horribles de la maison, en guise d’intronisation. Ostache leur a préparé un régal, mais ne semble pas s’y intéresser. Forcément, quand on est un squelette, impossible de manger ! Vraiment ? Les Z’horribles ne s’avouent pas battus et passent la nuit du Nouvel An à fouiller la grande bibliothèque du manoir en quête d’une solution pour que leur nouvel ami puisse lui aussi manger.

Un squelette peut-il partager un repas ? Dans La Faim du squelette, Ludovic Lecomte et Barroux font de cette question insolite le point de départ d’une aventure où les habitants d’une maison hantée se mobilisent pour leur nouvel ami. Une histoire de monstres dont la prémisse déborde de générosité.

Chaque nuit du passage à la nouvelle année, les Z’horribles accueillent un nouveau membre. Cette fois, c’est Ostache, un squelette, qui rejoint leur cortège. Pour son intronisation, la tradition exige qu’il prépare un festin. Tout est prêt, mais un problème demeure : comment profiter du repas lorsque l’on n’a que des os ?

Le décalage est savoureux. Ostache a cuisiné pour les autres sans pouvoir, semble-t-il, goûter à ce qu’il leur offre. Cette situation transforme une difficulté très concrète en ressort fantastique et comique. Elle donne surtout aux Z’horribles une belle occasion de montrer quel accueil ils réservent à leur compagnon.

Car personne ne se résigne à le laisser de côté. Le groupe passe la nuit à fouiller la bibliothèque du manoir pour trouver une solution. Le repas devient alors une quête collective : recevoir un nouvel ami implique de chercher comment lui permettre de participer pleinement à la fête.

C’est cette attention qui rend le sujet attachant. Les personnages prennent en compte la particularité d’Ostache et mettent leur énergie au service d’une même envie : partager un moment avec lui. Sous leurs allures inquiétantes, les Z’horribles révèlent ainsi un sens chaleureux de l’amitié.

La bibliothèque apporte une autre idée réjouissante : face à une difficulté apparemment insoluble, les livres pourraient bien ouvrir une piste. Le décor du manoir hanté devient un lieu de recherche, de curiosité et d’entraide, dont on préfère laisser découvrir l’issue.

Écrit par Ludovic Lecomte et illustré par Barroux, La Faim du squelette associe l’imaginaire des monstres à une question toute simple : comment faire une place à chacun ? Un point de départ malicieux pour rappeler qu’une fête se prépare aussi en pensant à celui qui risque de ne pas pouvoir en profiter.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 287426749X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267499

Cher Père Noël de Davide Cali (Auteur), Giulia Pintus (Illustrations)

L’important pendant les fêtes, c’est le partage !

Adrien aimerait recevoir pour Noël un robot, et pas n’importe lequel : Mangatron. Si possible, il aimerait bien aussi Ultrabot, son ennemi… Et un vaisseau, pourquoi pas ? Mais, quand sa soeur tombe malade, Adrien change sa liste au Père Noël…

Avec Cher Père Noël, Davide Cali et Giulia Pintus invitent les jeunes lecteurs à suivre les envies d’Adrien, un garçon dont la liste semble pouvoir s’allonger à l’infini. Mais derrière les robots et les aventures imaginaires se dessine une histoire plus tendre, dont il faut préserver la surprise.

Pour Noël, Adrien veut Mangatron. Pas un autre robot : celui-là précisément ! Et pour lui inventer des combats extraordinaires, Ultrabot, son ennemi, serait lui aussi le bienvenu. Quant au vaisseau, il trouverait facilement sa place au pied du sapin…

Cette succession de souhaits retrouve avec humour la logique des listes enfantines : un jouet ouvre tout un monde, puis donne envie d’en ajouter un autre. Adrien rêve en grand, avec ce mélange de conviction et d’enthousiasme qui rend ses demandes immédiatement familières.

Mais sa lettre va évoluer. C’est dans ce changement que réside la jolie promesse du récit : partir du plaisir de recevoir pour laisser apparaître une envie différente, plus intime. Mieux vaut ne pas en dire davantage pour conserver l’émotion de cette découverte.

Le choix de la lettre au Père Noël offre un cadre simple pour parler de ce qui compte. Derrière une liste d’objets peuvent se cacher des attentes que l’on ne sait pas toujours formuler autrement. Le récit invite ainsi à réfléchir aux cadeaux que l’on désire et à ce que l’on souhaite profondément.

Signé Davide Cali et illustré par Giulia Pintus, Cher Père Noël fait évoluer une demande de cadeaux vers une attention plus délicate. Une histoire à découvrir ensemble, en gardant jusqu’au bout la surprise du souhait d’Adrien.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 12 novembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2874267481 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267482

La fée de la nuit – La magicienne de la nuit de Oksana Bula

C’est un tâche très complexe d’installer toutes les étoiles à la bonne place au début de chaque nuit !

La fée de la nuit a beaucoup de travail. Heureusement, elle connait la place exacte de chaque étoile. Mais une nuit, quelques étoiles mal placées tombent, et la fée de la nuit doit choisir entre partir à leur recherche ou s’occuper de celles qui restent à placer. Le temps qu’elle puisse essayer de les retrouver, elles ont disparu. Commencera une longue quête, parsemée de conseils tous plus farfelus les uns que les autres…

ui veille à ce que chaque étoile trouve sa place dans le ciel ? Dans cet album jeunesse illustré, Oksana Bula imagine une fée chargée d’organiser la nuit. Un travail minutieux, jusqu’au soir où quelques étoiles tombent et bouleversent cette mécanique céleste.

La fée connaît l’emplacement exact de chaque étoile. Pourtant, un incident suffit à la confronter à un choix difficile : partir chercher celles qui sont tombées ou terminer d’installer les autres. Lorsqu’elle peut enfin se lancer à leur recherche, les disparues sont devenues introuvables.

Ce dilemme donne au conte un ancrage sensible. Comment faire lorsque plusieurs tâches réclament notre attention en même temps ? La fée a beau posséder un savoir précieux, elle ne peut pas être partout. Cette limite rend son personnage proche des enfants, eux aussi confrontés aux imprévus et à la frustration de ne pas tout réussir.

La recherche ouvre ensuite l’histoire à la fantaisie. Les conseils farfelus reçus en chemin introduisent un décalage amusant entre le sérieux de sa mission et les solutions qu’on lui propose. De quoi transformer une responsabilité immense en aventure pleine d’incertitudes.

L’idée de départ possède surtout une belle force visuelle : considérer le ciel nocturne comme un espace dont il faut prendre soin, étoile après étoile. Elle invite les jeunes lecteurs à regarder autrement ce paysage familier et à imaginer le travail invisible qui précéderait chaque nuit.

Entre quête céleste et contretemps bien terrestres, cet album associe une question accessible — comment réagir quand rien ne se passe comme prévu ? — au plaisir d’imaginer les coulisses du ciel. Une prémisse poétique qui donne envie de lever les yeux à la nuit tombée.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2874267503 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267505

Carnets d’Ukraine avec Hugo Becker – Théâtre Marigny

Au Théâtre Marigny, Carnets d’Ukraine porte à la scène les rencontres de Michel Hazanavicius dans un pays en guerre. Interprété par Hugo Becker et mis en scène par Julien Gelas, ce seul-en-scène interroge ce que les récits individuels peuvent nous faire comprendre d’un conflit : les raisons de combattre, les liens qui permettent de tenir et la place de l’art lorsque la violence bouleverse toute une existence.

Comment raconter une guerre qui se poursuit ? Comment trouver la distance nécessaire au récit sans atténuer l’urgence de ce qui se joue ? Carnets d’Ukraine aborde ces questions à travers des personnes rencontrées, écoutées et dessinées. À l’origine du spectacle, un voyage effectué par Michel Hazanavicius en novembre 2023, dont il rapporte des portraits au crayon et des témoignages. Julien Gelas en propose une traduction théâtrale, confiée à Hugo Becker. Le projet repose sur cette circulation : une rencontre devient un dessin, une parole devient un texte, puis une voix la transmet à d’autres.

Ce déplacement vers la scène engage une responsabilité particulière. Porter la parole d’une personne confrontée à la guerre suppose de préserver ce qui lui appartient : une manière de penser, une contradiction, une inquiétude, parfois une plaisanterie. Le témoignage prend toute sa valeur lorsqu’il laisse apparaître une personnalité qui déborde les circonstances dans lesquelles elle nous est présentée. Un combattant possède une histoire antérieure au front, des habitudes, des proches, une idée de l’avenir. La guerre traverse cette existence et en modifie brutalement les possibilités.

C’est à cet endroit que le projet trouve sa profondeur. La succession des portraits invite à considérer ce que signifie tenir, jour après jour, lorsque les gestes les plus ordinaires dépendent d’une menace permanente. La résistance devient une expérience intime autant qu’un engagement collectif. Elle se mesure dans la fidélité à une personne, dans le besoin de protéger un lieu, dans la difficulté de préserver une continuité avec la vie d’avant.

La critique de L’Affiche relève cette présence de la vie au sein des récits militaires : l’humour, le soutien mutuel et la diversité des tempéraments. Elle salue également les nuances apportées par Hugo Becker aux différentes personnalités. Ces observations éclairent un enjeu essentiel du seul-en-scène : permettre à chaque voix de conserver sa singularité, alors qu’un même interprète les rassemble.

Le choix d’un acteur unique possède, à cet égard, une portée particulière. Il concentre l’attention sur l’acte de transmission. Hugo Becker occupe la place fragile de celui qui accueille des paroles et les fait parvenir jusqu’à nous. Cette position pose aussi une question au public : quelle écoute accordons-nous à ces histoires ? Sommes-nous encore capables de recevoir un récit de guerre avec toute l’attention qu’exige une expérience humaine singulière ?

Car la durée d’un conflit transforme notre rapport à ses images. À mesure que les nouvelles s’accumulent, une forme de familiarité s’installe. On reconnaît les lieux, les mots, les situations. Cette reconnaissance peut donner l’impression de savoir, alors même qu’elle nous éloigne parfois de la réalité des existences concernées. Le théâtre dispose ici d’une ressource précieuse : le temps partagé. Il crée les conditions d’une écoute qui se prolonge, d’une présence à laquelle on accepte de consacrer plus que quelques secondes.

La place des « Forces culturelles », ces artistes ukrainiens engagés auprès des combattants, ouvre une autre réflexion. Leur présence dans le récit rappelle que les besoins humains persistent au milieu des destructions. Une musique, une parole ou une rencontre peuvent préserver un lien avec ce qui donne du sens à l’existence. L’art participe alors à un travail de soutien et de solidarité, au plus près des personnes.

Cette dimension donne également un sens au passage des carnets à la scène. Représenter ces histoires, c’est prolonger leur circulation, leur permettre d’atteindre d’autres lieux et d’autres consciences. C’est aussi reconnaître que la culture appartient à ce que l’on cherche à préserver : une langue, une mémoire, la possibilité de raconter soi-même son histoire.

Une telle entreprise appelle cependant une vigilance. L’émotion du spectateur peut être intense tout en restant passagère. Le mot « courage », à force d’être employé, peut finir par recouvrir la fatigue et la vulnérabilité de ceux qu’il désigne. La richesse d’un théâtre de témoignage se joue précisément dans sa capacité à laisser ces fragilités exister. Entendre une peur ou un doute permet de mesurer le coût humain de la résistance.

Carnets d’Ukraine soulève ainsi une question qui dépasse son sujet immédiat : que faisons-nous de la parole de ceux dont la vie a été bouleversée ? La recevoir engage à leur accorder une place dans notre attention, à reconnaître la complexité de leur expérience et à résister aux récits trop rapides.

À travers les rencontres de Michel Hazanavicius, le travail de Julien Gelas et la voix d’Hugo Becker, le théâtre devient un relais. Il nous invite à regarder plus longtemps des visages que l’actualité nous laisse rarement le temps de connaître.

Carnets d’Ukraine — Théâtre Marigny. Texte de Michel Hazanavicius. Mise en scène et musiques de Julien Gelas. Avec Hugo Becker. Durée : 1 h 10.

Les Misérables (2026) : Explication de la fin !

Le dénouement des Misérables oppose deux trajectoires : celle de Javert, dont les certitudes s’effondrent, et celle de Jean Valjean, qui trouve dans l’amour de Cosette l’aboutissement de son parcours. Les morts des barricades donnent à cette conclusion intime une dimension collective.

Attention, cet article dévoile les événements du dénouement.

Pourquoi Jean Valjean sauve-t-il Marius ?

Lors des barricades de juin 1832, Marius est grièvement blessé. Valjean le transporte à travers les égouts de Paris pour lui sauver la vie. En protégeant le jeune homme aimé de Cosette, il accepte aussi la perspective de leur séparation.

Ce geste prolonge la promesse faite à Fantine : veiller sur sa fille implique désormais de lui permettre de construire sa propre existence. L’amour paternel de Valjean s’exprime dans sa capacité à préserver un bonheur dont il craint de devenir un obstacle.

Pourquoi Javert se suicide-t-il ?

La clémence de Valjean bouleverse les principes sur lesquels Javert a fondé sa vie. L’ancien forçat, qu’il considère comme un coupable irréductible, lui a épargné la vie et vient de sauver Marius.

Javert doit alors reconnaître qu’un homme condamné peut agir avec justice et générosité. Cette réalité rend insoutenable sa conception de la loi, qui confond le statut de criminel avec une identité définitive. Incapable de résoudre cette contradiction, il se jette dans la Seine.

Sa mort constitue l’aboutissement tragique d’une pensée qui ne laisse aucune place au changement ni au pardon.

Jean Valjean meurt-il à la fin ?

Oui. Après avoir consacré son existence à protéger Cosette, Valjean s’éloigne, persuadé que son passé pourrait compromettre son avenir avec Marius. Son retrait conduit à une solitude que leur retour vient finalement interrompre.

Cosette et Marius le rejoignent avant sa mort. Leur présence lui apporte la reconnaissance et l’affection qu’il n’osait plus attendre. Épuisé, il s’éteint auprès d’eux.

Les chandeliers de l’évêque Myriel donnent à ces derniers instants leur portée symbolique. Conservés depuis la rencontre qui a transformé sa vie, ils rappellent qu’un acte de bonté a rendu possible tout son parcours. À son tour, Valjean a prolongé ce geste en protégeant d’autres êtres.

Qui sont les autres victimes ?

Éponine, Gavroche et les insurgés morts sur les barricades incarnent le coût humain du soulèvement. Leur disparition empêche de réduire le dénouement au seul apaisement de Valjean : le bonheur de Cosette et de Marius demeure entouré de pertes.

La conclusion fait ainsi coexister l’espoir et le deuil. Valjean meurt reconnu pour l’homme qu’il est devenu, tandis que les injustices qui ont façonné son existence subsistent. Sa rédemption prend tout son sens dans cette tension : la bonté ne répare pas toutes les violences du monde, mais elle transforme durablement les vies qu’elle touche.

Englouti : Explication de la fin !

Le dénouement d’Englouti associe l’évasion de Jay à l’acceptation de la disparition de son père. Au terme de son enfermement dans un cachalot, le jeune plongeur trouve une raison de revenir parmi les vivants.

Attention, cet article dévoile la fin du film.

Parti en mer pour retrouver la dépouille de son père Mitt, Jay se retrouve avalé par un cachalot. Avec une réserve d’oxygène limitée, il tente de s’échapper tandis que les souvenirs de leur relation ressurgissent. La lutte pour survivre devient alors une confrontation avec un héritage familial aussi précieux que douloureux.

Comment Jay parvient-il à sortir du cachalot ?

Après plusieurs tentatives infructueuses, Jay entrevoit une possibilité de secours lorsque l’animal remonte près d’un bateau. Mais le cachalot replonge avant qu’il puisse signaler sa présence.

L’attaque d’un groupe d’orques précipite ensuite le dénouement. Mortellement blessé, le cétacé remonte vers la surface. Jay improvise alors une explosion à partir d’objets récupérés dans son estomac et de son équipement. La déflagration ouvre une brèche qui lui permet de s’extraire du corps de l’animal.

Il rejoint la surface et des scientifiques présents à proximité le recueillent. Jay survit donc à son enfermement. Les dernières scènes le montrent auprès de sa mère et de ses sœurs.

Qui meurt à la fin ?

Le cachalot succombe aux blessures infligées par les orques avant l’évasion de Jay. Mitt, le père du jeune homme, est quant à lui déjà mort avant les événements principaux du récit. Sa voix, entendue pendant l’enfermement, relève des souvenirs de Jay et de son état physique de plus en plus précaire.

Le rapprochement entre cette voix et celle que Jay semble attribuer au cachalot donne toutefois une dimension symbolique à la mort de l’animal. Pour le jeune homme, s’en extraire revient aussi à quitter un espace entièrement occupé par la présence du père disparu.

Que signifie la dernière évocation de Mitt ?

Le sens du dénouement repose sur cette idée : Jay porte en lui une part de son père. Les gestes, les connaissances et les réflexes transmis par Mitt contribuent à sa survie, même si leur relation demeure marquée par la dureté et les blessures.

Cette transmission fait écho au phénomène du whalefall, lorsqu’une carcasse de baleine devient une source de nourriture pour tout un écosystème marin. Le parallèle transforme la disparition en continuité : quelque chose du défunt subsiste et participe à la vie de ceux qui restent.

Jay ne retrouve pas la dépouille qu’il était venu chercher. Il revient cependant auprès de sa famille avec une autre manière d’envisager ce qui le relie à Mitt. Sa survie ouvre ainsi la possibilité d’un apaisement, sans effacer la complexité de leur histoire.

Sacrifice : Explication de la fin !

Trois personnages trouvent la mort dans le dénouement de Sacrifice. Mais le film de Romain Gavras laisse ouverte une question essentielle : leur disparition empêche-t-elle une catastrophe ou constitue-t-elle l’aboutissement d’une croyance meurtrière ?

Attention, cet article dévoile la fin du film.

Après la prise d’otages d’un gala de charité, Joan et ses disciples conduisent leurs prisonniers jusqu’au cratère d’un volcan. Convaincu d’accomplir une prophétie capable de sauver le monde, le groupe prépare un rituel dont personne ne peut démontrer l’efficacité.

Qui sont les trois victimes ?

Ben Bracken, le milliardaire incarné par Vincent Cassel, est le premier à mourir. Malgré ses supplications, les disciples le précipitent dans la lave. Son sacrifice ne produit aucun changement immédiat, fragilisant la certitude sur laquelle repose toute l’opération.

Joan, interprétée par Anya Taylor-Joy, devient ensuite la victime de son propre mouvement. Blessée et gagnée par le doute, elle refuse de se sacrifier. Ses adeptes passent outre et la jettent dans le cratère. Celle qui leur avait transmis la prophétie n’a désormais plus aucun pouvoir sur son application : leur fidélité au rituel l’emporte sur leur attachement à sa personne.

Enfin, Mike Tyler, la vedette de cinéma incarnée par Chris Evans, choisit de sauter. Un hélicoptère de police lui offre pourtant une possibilité de secours. Après avoir posé la main au sol, dans un geste qui semble traduire une connexion avec le volcan, il renonce à l’échelle et se précipite dans le vide.

Pourquoi Mike refuse-t-il d’être sauvé ?

Son geste prolonge la quête de rédemption d’un acteur en perte de vitesse, soudain placé dans la position du sauveur annoncé par Joan. Au moment où il pourrait échapper au rôle qu’on lui impose, Mike paraît au contraire se l’approprier.

Cette décision demeure toutefois difficile à interpréter. L’influence de Joan, les drogues et la violence des événements brouillent son jugement. Son saut peut ainsi se lire comme un acte de foi, un abandon désespéré ou l’ultime confusion entre son identité d’acteur et un rôle héroïque.

Les sacrifices ont-ils réellement fonctionné ?

Les grondements du volcan cessent au moment de la chute de Mike. Cette coïncidence suggère un lien avec le rituel, sans en apporter la preuve.

Gunnar, le père scientifique de Joan, avait identifié un danger géologique réel. Cela ne valide pourtant pas la prophétie ni la nécessité des sacrifices. Le film rapproche donc deux événements — la mort de Mike et l’accalmie du volcan — tout en laissant leur relation incertaine.

Cette ambiguïté donne au dénouement sa portée tragique. Joan meurt après avoir commencé à douter, tandis que Mike semble adhérer à sa croyance au dernier instant. Autour d’eux, les disciples poursuivent un rituel devenu indépendant de celle qui l’a inspiré. La catastrophe naturelle reste incertaine ; les morts provoquées par leur conviction, elles, sont irréversibles.

Le Piège sur Netflix :Explication de la fin

Le dénouement du Piège révèle l’identité du meurtrier d’Anna, mais laisse subsister une interrogation sur le rôle de Lisa. Entre les accusations de Robert et la suppression d’un enregistrement, la résolution de l’enquête conserve une part d’ombre.

Attention, cet article dévoile la fin de la première saison.

Pendant dix ans, Lisa Konrad a vécu recluse, hantée par le meurtre de sa sœur Anna. Lorsqu’elle croit reconnaître le visage de l’assassin à la télévision, elle organise une rencontre avec le journaliste Robert Lenzen sous le prétexte d’une interview. Le piège qu’elle lui tend finit par provoquer des aveux, sans lui apporter toutes les réponses qu’elle espérait.

La confrontation décisive se déroule chez les parents de Robert. Armé, celui-ci reconnaît avoir entretenu une liaison avec Anna. Selon son récit, la jeune femme aurait menacé de révéler leur relation lorsqu’il a voulu la quitter pour retourner auprès de sa famille. Il avoue alors l’avoir poignardée avant de prendre la fuite.

Un détail empêche toutefois de considérer cette confession comme une explication complète : Robert affirme avoir porté six coups de couteau, tandis que l’autopsie en a établi huit.

Lisa a-t-elle participé au meurtre ?

Robert suggère que Lisa aurait donné les deux derniers coups après son arrivée sur les lieux. Cette accusation fait écho aux souvenirs fragmentés de la romancière et aux tensions qui existaient entre les deux sœurs. Elle introduit une possibilité troublante, sans qu’aucune scène vienne la confirmer.

Il faut donc distinguer les aveux de Robert de ce qu’il cherche à faire croire à Lisa. Sa responsabilité dans l’agression est reconnue ; l’éventuelle implication de la jeune femme reste une accusation. Dans cette ultime confrontation, il peut aussi chercher à la déstabiliser et à partager avec elle le poids de sa culpabilité.

L’arrivée de Norbert, l’éditeur de Lisa, et de son agente interrompt le face-à-face. La police est prévenue et Robert se suicide. Lisa est ensuite mise hors de cause, mais le dénouement ne dissipe pas tous les soupçons.

Pourquoi Lisa efface-t-elle l’enregistrement ?

Le dernier geste de Lisa entretient l’incertitude : elle supprime l’enregistrement dans lequel Robert avoue le meurtre tout en évoquant sa possible participation.

Cette décision peut traduire le désir d’en finir avec une parole qui continue de l’emprisonner. Elle peut également être comprise comme la volonté de faire disparaître un élément susceptible de relancer les questions sur sa présence auprès d’Anna. Le geste est équivoque, mais ne constitue pas, à lui seul, un aveu.

L’ouverture sentimentale esquissée avec l’enquêteur laisse entrevoir une sortie de la réclusion. Lisa semble pouvoir reprendre sa vie. Le spectateur, lui, reste confronté à une vérité incomplète : Robert a reconnu son crime, mais sa mort rend impossible toute clarification de ses dernières accusations.

Karma De Guillaume Canet | Par Guillaume Canet Avec Marion Cotillard, Denis Ménochet, Leonardo Sbaraglia

Dans un village au nord de l’Espagne, Jeanne tente de reconstruire sa vie avec Daniel, qui ne connaît rien de son passé trouble. Un jour, Mateo, le filleul de Jeanne âgé de six ans, disparaît mystérieusement… Afin d’échapper à la police qui la soupçonne rapidement, Jeanne se réfugie en France dans la communauté où elle est née et qu’elle a fuie quelques années auparavant. Daniel ne croit pas à la culpabilité de la femme qu’il aime et va tout faire pour la retrouver avant la police.

Une disparition inquiétante, une femme rattrapée par son passé et une communauté entourée de mystères. Guillaume Canet retrouve Marion Cotillard dans Karma, un thriller psychologique où les secrets de famille et les mensonges menacent de faire basculer plusieurs existences.

Dans un village du nord de l’Espagne, Jeanne tente de reconstruire sa vie auprès de Daniel, qui ignore tout de son passé. Mais lorsque Mateo, son filleul de six ans, disparaît mystérieusement, son fragile équilibre s’effondre. Rapidement soupçonnée par la police, Jeanne prend la fuite et retourne en France, dans la communauté où elle a grandi et qu’elle avait pourtant tout fait pour quitter. Convaincu de son innocence, Daniel se lance à sa recherche.

Le récit repose sur une question simple, mais efficace : peut-on réellement échapper à ce que l’on a été ? La disparition de l’enfant agit comme un révélateur, faisant ressurgir les secrets que Jeanne croyait définitivement enterrés.

Guillaume Canet s’aventure sur le terrain du thriller intime, où la tension ne dépend pas uniquement de l’enquête, mais aussi des relations entre les personnages. Le retour de Jeanne dans sa communauté d’origine apporte une dimension particulièrement intrigante, laissant entrevoir un environnement marqué par des règles, des silences et des liens difficiles à rompre.

Le film joue également sur la confiance au sein du couple. Daniel aime une femme dont il ne connaît finalement qu’une partie de l’histoire. Sa volonté de la retrouver soulève une interrogation intéressante : jusqu’où peut-on croire en quelqu’un lorsque tout semble l’accuser ?

Marion Cotillard, Denis Ménochet et Leonardo Sbaraglia composent une distribution solide pour porter cette intrigue où chaque personnage pourrait dissimuler une part de vérité.

Le scénario emprunte néanmoins plusieurs ressorts classiques du thriller : une disparition d’enfant, une suspecte en fuite et un passé mystérieux. L’enjeu sera donc d’éviter les révélations trop prévisibles et de donner une véritable profondeur à cette communauté dont Jeanne cherche à s’affranchir.

Avec Karma, Guillaume Canet s’intéresse aux conséquences de nos choix et aux blessures que le temps ne suffit pas toujours à effacer. Un thriller au point de départ classique, mais dont la dimension psychologique et familiale pourrait faire toute la différence. Car derrière la recherche d’un enfant disparu se cache une autre quête : celle d’une vérité que certains auraient préféré ne jamais voir ressurgir.

Deviens génial Par Léo Grandperret, Sébastien Mounier Avec Manu Payet, Melha Bedia, Marie-Julie Baup

Mathias est prof et vient enfin d’obtenir sa mutation dans le collège de sa fille. Pourtant à peine arrivé on lui apprend que sa classe d’allemand va fermer, faute d’inscrits. Il décide alors d’organiser un voyage en Allemagne pour motiver les adolescents à choisir la langue et pour le financer, il fait appel à Iris, la responsable du comité de jumelage local. Le hic, c’est que Mathias est prof d’espagnol. Entre un Mathias qui ne parle pas un mot d’allemand, des ados en souffrance et une Iris irrationnelle, le voyage scolaire va prendre des allures de gigantesque chaos. Pourtant, rien ne pourra l’empêcher de devenir le père que sa fille n’attend plus… et pour arriver à ses fins, il va devoir devenir génial !

Un professeur d’espagnol chargé de sauver une classe d’allemand, des adolescents difficiles à gérer et un voyage scolaire qui promet de tourner à la catastrophe. Deviens génial, porté par Manu Payet, Melha Bedia et Marie-Julie Baup, mise sur une comédie familiale où les situations absurdes cachent une histoire plus touchante sur les relations entre un père et sa fille.

Mathias vient enfin d’obtenir sa mutation dans le collège de sa fille. Mais son arrivée coïncide avec l’annonce de la fermeture prochaine de la classe d’allemand, faute d’inscriptions. Bien décidé à sauver la situation, il organise un voyage en Allemagne avec l’aide d’Iris, responsable du comité de jumelage local. Seul problème : Mathias enseigne l’espagnol et ne parle pas un mot d’allemand.

Le point de départ repose sur un décalage amusant, celui d’un professeur qui s’engage dans une aventure qu’il ne maîtrise absolument pas. Entre les imprévus du voyage, les adolescents aux caractères bien trempés et une organisatrice imprévisible, les occasions de dérapage ne manquent pas.

Mais derrière cette accumulation de catastrophes se dessine un enjeu plus personnel. Mathias espère surtout profiter de cette proximité retrouvée pour renouer avec sa fille, qui semble avoir perdu confiance en lui.

C’est là que le film peut trouver sa véritable force. Plutôt que de se limiter aux péripéties d’un voyage scolaire, Deviens génial aborde la difficulté de réparer une relation familiale lorsque les bonnes intentions ne suffisent plus.

Le scénario emprunte toutefois des chemins familiers à la comédie française : un adulte dépassé par les événements, des adolescents qui lui donnent du fil à retordre et une succession de situations improbables. Le risque est de privilégier les gags faciles au détriment des personnages, notamment des jeunes, dont les difficultés méritent davantage qu’un simple traitement comique.

La présence de Manu Payet, Melha Bedia et Marie-Julie Baup laisse néanmoins espérer une belle énergie collective, capable d’apporter de la chaleur à cette aventure.

Sans chercher à révolutionner la comédie familiale, Deviens génial repose sur une idée sympathique et un thème universel : la difficulté d’être à la hauteur de ceux que l’on aime. Son intérêt dépendra de l’équilibre entre humour et émotion, car derrière ce voyage chaotique se cache une question plus simple et plus touchante : comment redevenir un père aux yeux de sa fille ?