Christmas is not dead de Adèle Ninay

Deux cœurs cabossés. Une tempête. Un Noël pour tout changer.

Adèle Ninay revisite la romance de Noël en lui apportant une énergie résolument rock. Avec Christmas is not dead, pas de rencontre parfaite sous les guirlandes ni de coup de foudre immédiat : Suzanne et Alex sont deux jeunes adultes cabossés qui ont surtout appris à se méfier de l’amour.

Suzanne est chanteuse dans un groupe punk. Flamboyante, indépendante et toujours en mouvement, elle enchaîne les concerts tout en évitant soigneusement de s’attacher. Derrière cette liberté revendiquée se cache surtout une peur beaucoup plus intime : aimer signifie prendre le risque de souffrir, et Suzanne préfère ne laisser à personne la possibilité de lui briser le cœur.

Alex semble être son exact opposé. Britannique flegmatique, marqué par une rupture, il s’est installé sur une île bretonne où il mène une existence tranquille en tenant un bar-magasin de vinyles. Là où Suzanne vit dans le bruit, la scène et le mouvement, Alex s’est construit un quotidien fait de calme et de retrait.

Il suffit alors d’une tempête de neige, à quelques jours de Noël, pour bouleverser leurs certitudes. Bloqués sur la même île, les deux jeunes gens sont contraints de se côtoyer. Tout les oppose, mais cet isolement leur donne précisément le temps qu’ils n’auraient probablement jamais accepté de s’accorder ailleurs.

Adèle Ninay choisit le slow burn et laisse donc la relation se construire progressivement. Les différences provoquent des étincelles, les défenses ne tombent pas immédiatement et l’attirance ne suffit pas à effacer les blessures. Suzanne comme Alex doivent d’abord accepter de regarder ce qui les empêche encore de faire confiance.

Le décor breton participe beaucoup au charme de cette histoire. L’île coupée du monde par la neige devient une parenthèse presque hors du temps. Les concerts et la vie mouvementée de Suzanne semblent soudain très loin, tout comme les habitudes derrière lesquelles Alex s’était réfugié. Cet enfermement involontaire devient paradoxalement un espace où chacun peut commencer à se libérer de ses propres peurs.

La musique constitue également un joli trait d’union entre eux. D’un côté, une chanteuse punk ; de l’autre, un homme qui vend des vinyles. Leurs personnalités sont différentes, mais cette passion commune crée un langage capable de rapprocher deux univers qui semblaient incompatibles.

La construction en vingt-cinq chapitres renforce enfin l’esprit de feuilleton de Noël. On peut dévorer le roman d’une traite ou choisir d’en découvrir progressivement les étapes, en accompagnant Suzanne et Alex jusqu’aux fêtes. Cette structure convient particulièrement bien à une romance qui préfère faire grandir les sentiments plutôt que les précipiter.

Derrière son ambiance hivernale et ses références musicales, Christmas is not dead parle surtout de la difficulté de recommencer à aimer lorsqu’on s’est convaincu que la solitude était plus sûre. Suzanne fuit l’attachement avant qu’il puisse la blesser ; Alex s’est isolé après avoir déjà souffert. Leur rencontre vient forcément déranger cet équilibre.

Une romance de Noël chaleureuse et résolument rock, portée par deux personnages imparfaits que l’on prend plaisir à voir progressivement baisser la garde. Entre punk, vinyles, tempête bretonne et sentiments qui prennent leur temps, Adèle Ninay rappelle que certains cœurs ne sont pas morts : ils avaient simplement besoin de rencontrer quelqu’un capable de leur donner envie de battre à nouveau

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 24 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 360 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095060202 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095060206

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