Hungry De James Nunn | Par James Nunn Avec Madison Davenport, Joaquim de Almeida, Tracey Bonner

Un groupe de vacanciers se retrouve au milieu des marécages de Louisiane poursuivi par un hippopotame.

Hungry ne cherche pas midi à quatorze heures : quelques vacanciers, les marécages de Louisiane et un hippopotame qui a manifestement décidé de transformer leur séjour en cauchemar. James Nunn assume pleinement le principe du survival animalier et mise sur une menace rarement exploitée au cinéma pour renouveler, au moins dans son prédateur, une formule parfaitement connue.

Le scénario tient presque entièrement dans son concept. Un groupe s’aventure dans les marécages avant de comprendre qu’il partage désormais le territoire d’un hippopotame particulièrement agressif. À partir de là, l’objectif devient élémentaire : sortir vivant de cet environnement.

Le choix de l’animal constitue évidemment la principale curiosité de Hungry. Là où le cinéma de survie a largement épuisé requins, crocodiles et autres prédateurs, l’hippopotame possède quelque chose d’à la fois inattendu et presque incongru. Le film joue intelligemment sur cette perception : difficile, au premier abord, d’imaginer l’animal comme une créature de cinéma horrifique, ce qui rend ses premières apparitions d’autant plus efficaces.

James Nunn comprend surtout qu’il ne faut pas chercher à transformer son histoire en drame existentiel. Hungry appartient ouvertement à la série B et s’en porte très bien. On attend des attaques, des personnages coincés au mauvais endroit, quelques décisions catastrophiques et cette traditionnelle question : qui sera encore là au générique de fin ?

Les marécages de Louisiane offrent un excellent terrain de jeu. L’eau trouble empêche de savoir exactement ce qui se trouve à quelques mètres, la végétation réduit la visibilité et chaque déplacement devient potentiellement dangereux. Le décor permet ainsi de retarder l’apparition du prédateur et de construire la tension autour de sa présence plutôt que de constamment le montrer.

Madison Davenport porte efficacement cette lutte pour la survie et apporte suffisamment de crédibilité aux moments les plus physiques. Joaquim de Almeida possède naturellement une présence qui donne un peu d’épaisseur à l’ensemble, tandis que Tracey Bonner participe à une dynamique de groupe indispensable dans ce type de récit.

Car le véritable plaisir du genre vient aussi des réactions humaines face au danger. La peur révèle rapidement les tempéraments, les solidarités deviennent fragiles et les décisions les plus rationnelles ne sont pas nécessairement celles qui sont prises lorsqu’un hippopotame surgit à proximité.

Le film n’échappe évidemment pas aux conventions. Certains comportements sont là pour provoquer l’attaque suivante, plusieurs situations peuvent être anticipées et les personnages restent parfois définis davantage par leur fonction dans le survival que par leur profondeur psychologique.

Mais reprocher à Hungry sa simplicité reviendrait presque à lui reprocher son principe même. James Nunn veut avant tout construire une attraction horrifique efficace, généreuse et légèrement improbable. Lorsque le film accepte pleinement cette dimension, il devient beaucoup plus réjouissant.

Tout repose alors sur le rythme, l’utilisation du décor et la capacité à faire de cet animal massif une présence réellement menaçante. L’hippopotame n’a pas besoin d’être transformé en monstre surnaturel : sa puissance suffit largement à justifier la panique des personnages.

Direct, tendu et délicieusement improbable, Hungry assume sans complexe son statut de série B animalière. James Nunn remplace les traditionnels requins et crocodiles par un hippopotame et transforme les marécages de Louisiane en terrain de chasse particulièrement efficace. Le scénario ne révolutionne absolument rien et certains personnages semblent parfois prendre les mauvaises décisions uniquement pour alimenter le carnage, mais l’essentiel est ailleurs : du suspense, des attaques et un prédateur suffisamment original pour donner envie de participer à cette petite folie. À regarder pour ce qu’il est : un survival animalier généreusement régressif.

Laisser un commentaire