MALFAISANTE nous entraine dans l’univers de la très jeune Bela, dont le quotidien se détériore de jour en jour en raison de la relation qu’elle entretient, au cœur de sa propre maison, avec une entité malveillante qui ressemble étrangement à sa propre mère.
Et si la personne censée vous protéger devenait celle qui vous effraie le plus ? Rob Savage s’empare de cette angoisse profondément intime dans Malfaisante, un film d’horreur psychologique porté par Jessica Chastain, Jay Duplass et la jeune Arabella Olivia Clark.
Bela est encore une enfant lorsqu’une présence inquiétante commence à bouleverser son quotidien. Dans sa propre maison, une entité malveillante prend une apparence étrangement familière : celle de sa mère. Peu à peu, ce qui devrait être son refuge devient un endroit où elle ne se sent plus en sécurité.
Le point de départ est particulièrement efficace. Plutôt que de miser uniquement sur une créature monstrueuse, Malfaisante s’attaque à quelque chose de beaucoup plus troublant : la confiance absolue qu’un enfant accorde à ses parents.
Comment distinguer le danger lorsque celui-ci possède le visage de la personne que l’on aime le plus ?
Rob Savage retrouve ici un terrain propice à son cinéma, celui d’une peur qui s’installe progressivement dans les espaces les plus ordinaires. La maison familiale, ses couloirs et ses chambres deviennent autant de lieux où le moindre bruit peut faire naître l’angoisse.
Jessica Chastain possède une présence idéale pour jouer sur cette ambiguïté. Son personnage peut inspirer la tendresse comme le malaise, parfois dans un même regard. Face à elle, Arabella Olivia Clark occupe une place essentielle : toute l’histoire repose sur la manière dont Bela perçoit cette présence et sur la difficulté des adultes à comprendre ce qu’elle traverse.
Le scénario de Nathan Elston joue ainsi sur une peur universelle, celle de ne plus reconnaître ceux qui nous entourent. L’horreur naît moins de l’apparition d’un monstre que du doute qu’il installe au sein de la famille.
Le risque d’un tel dispositif reste de multiplier les effets de surprise au détriment de cette inquiétude plus profonde. Mais l’idée de départ possède suffisamment de force pour nourrir un récit oppressant, où la frontière entre amour maternel et menace surnaturelle devient de plus en plus incertaine.
Derrière son concept fantastique, Malfaisante touche à une angoisse particulièrement dérangeante : celle d’un enfant qui ne sait plus à qui faire confiance. Rob Savage dispose d’un matériau idéal pour construire une horreur intime, portée par le contraste entre l’innocence d’Arabella Olivia Clark et la présence troublante de Jessica Chastain. Une histoire qui pourrait bien rappeler que les monstres les plus effrayants ne sont pas toujours ceux qui se cachent sous le lit, mais parfois ceux qui viennent nous souhaiter bonne nuit.
