La mort en trop de Philippe Boxho et Martin Michaud

Dans une maison bourgeoise du quartier Saint-Gilles de Liège, un entrepreneur en vue est retrouvé mort dans son lit, le crâne pulvérisé par septante-sept coups de marteau. Sa femme et sa belle-fille sont introuvables et semblent avoir été enlevées. Chargé d’éclairer l’enquête, Philippe doit faire parler un corps qui semble déjà vouloir se taire et suivre le fil d’une violence dont le sens lui échappe encore. Alors qu’il commence à démêler les premiers fils, il est appelé à Paris pour un autre meurtre, qui semble lié à la victime… et qui vient encore complexifier l’affaire.

La Mort en trop : Philippe Boxho face à un crime dont la violence n’explique rien

Un entrepreneur retrouvé mort dans son lit, deux femmes introuvables et un second meurtre qui mène l’enquête de Liège à Paris : La Mort en trop donne à Philippe Boxho un rôle inédit, celui de son propre personnage de fiction. Cosigné avec Martin Michaud, le thriller tire sa singularité du regard du médecin légiste : là où la violence pousse à imaginer le pire, son travail consiste à s’en tenir à ce que les traces permettent réellement d’affirmer.

Dans une maison bourgeoise du quartier Saint-Gilles, à Liège, un entrepreneur en vue a été tué de septante-sept coups de marteau. Sa femme et sa belle-fille ont disparu. Tout porte à envisager un enlèvement, mais leur absence laisse ouverte une question plus urgente encore que celle du mobile : sont-elles toujours en vie ? Philippe est chargé d’examiner le corps. Alors qu’il commence à démêler l’affaire, on l’appelle à Paris pour un autre homicide qui pourrait être lié à la victime liégeoise.

Septante-sept : la précision du chiffre frappe presque autant que la violence du geste. Elle donne une mesure de l’acharnement, sans en livrer le sens. La tentation serait d’y lire aussitôt de la rage, de la haine ou une vengeance. Or un constat, même spectaculaire, ne suffit pas à expliquer une intention. C’est dans cet écart que le roman trouve son meilleur ressort : plus le lecteur a envie de donner un sens à ce qu’il découvre, plus la démarche du légiste lui rappelle ce qu’il ignore encore.

La disparition des deux femmes donne à cette prudence un prix. L’examen du corps impose de prendre le temps de distinguer un fait d’une hypothèse, tandis que leur sort commande d’agir vite. Ces deux rythmes se heurtent au sein de la même enquête. Le corps appartient à un événement déjà accompli ; les disparues, elles, représentent un danger qui pourrait être encore en cours. Cette tension donne du poids aux premières déductions, dont les conséquences dépassent la seule reconstitution du meurtre.

L’appel de Paris vient compliquer cette lecture. La découverte d’un lien possible entre les deux affaires oblige à revenir sur ce qui paraissait acquis à Liège. Le déplacement a donc une fonction dans le récit : il élargit le champ de l’enquête et donne aux premiers indices une autre portée. Un détail négligé peut prendre de l’importance, tandis qu’une piste apparemment solide peut perdre de sa force dès qu’on la confronte à la seconde scène de crime.

L’autre intérêt du livre tient au passage de Philippe Boxho à la fiction. Dans ses récits d’affaires réelles, le médecin légiste revient sur des cas qu’il peut expliquer avec le recul de l’expérience. Ici, il doit avancer sans connaître la fin. Le lecteur le suit dans ce moment moins confortable où les observations s’accumulent, mais où leur articulation reste incertaine. Martin Michaud a partagé son quotidien pendant plusieurs mois pour nourrir ce portrait. L’intérêt de cette immersion se mesure à l’échelle du récit : faire de la manière dont Boxho travaille une façon de construire le suspense, plutôt qu’une parenthèse documentaire au milieu de l’action.

La Mort en trop part d’un crime dont la brutalité pourrait occuper toute la place. Son idée la plus convaincante est de lui opposer un personnage qui doit regarder de près, résister aux explications immédiates et accepter qu’une certitude puisse tomber au prochain indice. Une fois passé le choc des septante-sept coups, c’est cette discipline du regard qui donne envie de poursuivre l’enquête.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 512 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931300853 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931300855

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