Les marrons de Corentin Pernet

Des années après avoir quitté sa ville natale pour Paris, Lucien revient vider la maison de son père. Au grenier l’attendent huit cartons simplement étiquetés :  » Dijon « . Aussitôt ressurgit le square qui les a vus grandir, lui et les gamins du quartier : Sébastien, Clément, Téo. Au début des années 2000, c’était leur royaume, le théâtre de leurs jeux et de leurs premières fois. Là où tout a commencé… Mais que reste-t-il de ce temps béni ?

Huit cartons portant le nom d’une ville suffisent à rouvrir tout un passé. En revenant vider la maison de son père, Lucien retrouve le souvenir d’un square dijonnais et des garçons qui l’ont peuplé. Les Marrons, de Corentin Pernet, explore cet écart entre les lieux que l’on quitte et la place qu’ils continuent d’occuper en nous.

Parti vivre à Paris depuis des années, Lucien revient dans sa ville natale pour une tâche concrète : trier, ranger, vider une maison. Mais les cartons découverts au grenier interrompent ce travail. Leur simple étiquette, « Dijon », fait ressurgir Sébastien, Clément, Téo et le territoire partagé de leur enfance.

Le square constitue un point d’ancrage particulièrement évocateur. Pour les adultes, ce peut être un espace ordinaire ; pour les enfants, il devient un monde entier, avec ses habitudes, ses aventures et ses frontières. Au début des années 2000, les quatre garçons y construisent leurs souvenirs, entre jeux et premières expériences.

Ce cadre donne au récit une dimension collective. Se rappeler son enfance, c’est aussi retrouver ceux auprès desquels on a grandi. Les amis deviennent les témoins d’une version de soi que les rencontres ultérieures ne connaissent pas. Que reste-t-il de cette proximité lorsque les trajectoires se séparent ?

Le retour de Lucien met également en regard deux gestes : se défaire d’objets et retenir ce qu’ils réveillent. Vider une maison oblige à choisir ce que l’on conserve, alors que les souvenirs échappent à ce tri. Un carton peut contenir peu de choses et faire revenir une époque entière.

La question finale — que reste-t-il de ce temps heureux ? — ouvre une tension féconde. Le passé revient à travers un regard adulte, chargé de distance et peut-être d’idéalisation. Retrouver un lieu ne permet pas forcément de retrouver ce que l’on y a vécu, mais peut aider à comprendre ce qu’il nous a laissé.

Les Marrons trouve ainsi son émotion dans une situation familière : revenir quelque part et mesurer combien tout a changé, à commencer par soi-même. Une prémisse sensible sur l’amitié, l’éloignement et ces petits territoires qui restent immenses dans la mémoire.

ASIN ‏ : ‎ B0H4PTLHQT Éditeur ‏ : ‎ SARBACANE Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 176 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040807186

Le gardien des contes de Christine Schneider (Auteur), Hervé Pinel (Illustrations)

Catastrophe, les récits d’antan se sont mélangés ! Le gardien des contes réussira-t-il à remettre tout le monde dans le droit chemin ? Un album drôle et plein de surprise par le duo Hervé Pinel et Christine Schneider.

Les nains désertent la mine, la Belle au bois dormant pique-nique avec le grand méchant loup et les enfants de l’ogre sympathisent avec les frères du Petit Poucet. Christine Schneider et Hervé Pinel sèment un joyeux désordre parmi les contes classiques. Au gardien de remettre chacun à sa place… si les personnages veulent bien l’écouter !

L’idée est réjouissante : confier le premier rôle à celui qui doit veiller au bon déroulement des histoires. Face à des héros qui abandonnent leurs habitudes et passent d’un récit à l’autre, sa mission devient un véritable casse-tête. Les rencontres inattendues transforment les repères familiers en occasions de rire.

Le plaisir repose sur la reconnaissance, puis sur le décalage. Les enfants qui connaissent déjà ces personnages peuvent repérer ce qui cloche et anticiper les difficultés du gardien. Ceux qui les découvrent rencontrent un univers où loups, princesses et ogres entretiennent des relations pour le moins surprenantes. La lecture peut ainsi devenir un jeu partagé : qui appartient à quelle histoire ?

Ce mélange ouvre aussi une question amusante. Pourquoi les personnages devraient-ils toujours accomplir les mêmes tâches et fréquenter les mêmes compagnons ? Leur indiscipline donne aux contes une liberté nouvelle, tandis que le gardien s’épuise à préserver un ordre devenu bien fragile.

Les illustrations d’Hervé Pinel accompagnent cette circulation entre les histoires. Les situations décrites offrent un terrain propice au comique visuel : le calme d’un pique-nique peut devenir aussi incongru que la colère d’un ogre dont les filles préfèrent jouer. Le parcours mène jusqu’à la maison de mère-grand, où une porte ouverte sur l’obscurité réserve encore une surprise. Mieux vaut en garder le secret.

Le Gardien des contes fait de notre familiarité avec les récits traditionnels le moteur d’une aventure malicieuse. Un album à partager pour retrouver des figures connues, s’amuser de leurs écarts et découvrir ce qui arrive lorsque les histoires échappent à celui qui prétend les surveiller.

Éditeur ‏ : ‎ Grund Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 232403915X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2324039157

Potted Potter : sept livres, deux comédiens et Poudlard sens dessus dessous

Au Théâtre du Gymnase, Potted Potter – Harry Potter en un éclair ! transforme la célèbre saga en terrain de jeu comique. Le défi : raconter les sept livres en soixante-dix minutes, avec deux interprètes et une bonne dose d’irrévérence. Une parodie familiale dont le principe repose sur le plaisir de bousculer un univers que plusieurs générations connaissent par cœur.

Résumer toutes les aventures de Harry Potter en un peu plus d’une heure relève déjà de l’exploit. Confier cette mission à deux comédiens ouvre la porte à une tout autre aventure : celle d’un théâtre où il faut changer de personnage, faire exister des créatures et traverser des années de péripéties à toute vitesse. Créé par Daniel Clarkson et Jefferson Turner, Potted Potter fait de cette contrainte son moteur. Le spectacle revient au Gymnase pour une deuxième saison parisienne, dans une version française mise en scène par Christopher Lopez.

L’intérêt de la proposition tient à ce changement d’échelle. L’immensité du monde des sorciers se retrouve confrontée aux possibilités concrètes d’un plateau et de ses interprètes. Cette disproportion constitue un formidable ressort de parodie : plus l’aventure à raconter paraît monumentale, plus les moyens employés pour la représenter peuvent devenir comiques.

La production annonce ainsi une succession de transformations, de costumes, de chansons et de gags visuels, ainsi qu’une apparition de dragon. Le spectacle comprend également une partie de Quidditch faisant participer le public. L’adaptation française est signée Julien Baptist. Autant d’éléments qui inscrivent cette traversée de la saga dans une tradition de théâtre populaire, fondée sur le jeu, l’adresse à la salle et la reconnaissance immédiate d’une situation.

Le Quidditch possède, à cet égard, une place particulièrement bien choisie. Dans les livres, ce sport contribue à donner au monde magique ses habitudes, ses règles et ses rivalités. Le transporter dans une salle de théâtre revient à transformer un souvenir de lecture en expérience collective. Le public entre dans la fiction par le jeu et devient, pour un moment, l’un des partenaires des interprètes.

La parodie permet aussi une relation particulière à une œuvre aimée. Reconnaître un personnage ou une référence apporte un premier plaisir ; découvrir la manière dont ils vont être détournés en procure un second. Les grandes figures de la saga peuvent perdre leur solennité, leurs caractéristiques être grossies jusqu’à l’absurde. Cette liberté donne à chacun la possibilité de retrouver des souvenirs familiers sous un angle différent.

Pour les amateurs de Harry Potter, le principe invite donc à une double lecture : suivre l’histoire tout en repérant ses raccourcis et ses déformations. Les spectateurs moins familiers de cet univers disposent, eux, d’autres portes d’entrée. Une transformation précipitée, un accessoire incongru ou une situation qui dérape peuvent se comprendre sans connaissance approfondie des romans.

Cette accessibilité constitue un enjeu essentiel du spectacle familial. Réunir plusieurs générations suppose de proposer différents niveaux de plaisir, sans rendre les références indispensables à chaque instant. Potted Potter, présenté dès six ans, mise sur cette rencontre entre la connivence des initiés et l’efficacité directe du comique visuel.

Le format impose toutefois son propre contrat : en soixante-dix minutes, la complexité des sept romans devient nécessairement une matière à sélectionner et à simplifier. C’est précisément dans ces raccourcis que se situe la proposition. La fidélité recherchée concerne moins le détail du récit que la possibilité de reconnaître un monde, puis de s’amuser de ce qui lui arrive une fois livré aux libertés de la scène.

Potted Potter invite ainsi à retrouver quelque chose du jeu d’enfance : quelques signes suffisent pour devenir un héros, inventer une menace et entraîner les autres dans son aventure. La saga fournit un imaginaire commun ; le théâtre propose de le remettre en mouvement. Une manière de retourner à Poudlard en acceptant, cette fois, que tout puisse joyeusement partir de travers.

Potted Potter – Harry Potter en un éclair ! — Théâtre du Gymnase Marie-Bell, Paris. Jusqu’au 17 janvier 2027. Durée : environ 1 h 10. À partir de 6 ans. La distribution annoncée réunit Anaël Alexandre, Martin Magli et Yanis Nouidé.

Quelques mots d’amour De Rudi Rosenberg | Par Rudi Rosenberg Avec Hafsia Herzi, Nour Salam, Ella Bedoucha

Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.

Le nouveau film de Rudi Rosenberg s’attache à un sujet intime et profondément universel : la quête des origines. À travers le regard d’Abigaëlle, une jeune fille qui grandit sans avoir connu son père, le réalisateur livre un récit sensible sur les liens familiaux, les secrets et les blessures qui traversent les générations.

Dans le Sarcelles des années 1990, Erika élève seule ses deux enfants et tente d’offrir à sa famille un quotidien stable malgré les absences et les questions laissées sans réponse. Convaincue que son père pense à elle quelque part, Abigaëlle se lance dans une recherche qui dépasse peu à peu la simple curiosité enfantine pour devenir une véritable obsession. Cette quête bouleverse son existence mais aussi celle de sa mère, contrainte d’affronter un passé qu’elle aurait préféré laisser derrière elle.

Porté par l’interprétation touchante d’Hafsia Herzi, le film explore avec beaucoup de justesse la relation mère-fille. Rudi Rosenberg évite les effets mélodramatiques pour privilégier une approche empreinte de délicatesse et d’authenticité. Les émotions naissent des non-dits, des regards et des silences autant que des confrontations qui jalonnent le récit.

La reconstitution des années 1990 apporte également une dimension nostalgique réussie, sans jamais prendre le pas sur les personnages. Au fil des années, le spectateur accompagne Abigaëlle dans sa construction personnelle, entre espoir, déception et désir de comprendre ses racines. Cette recherche d’identité devient alors le cœur d’un récit touchant qui interroge la place de l’absence dans une famille et la façon dont chacun se construit avec ou malgré elle.

Un drame humain sensible et émouvant, porté par des personnages profondément attachants et une écriture pleine de finesse. Un film qui parle autant de la recherche d’un père que de l’amour indéfectible d’une mère prête à tout pour protéger son enfant.

Le Mystère Lucy Lost De Olivier Clert | Par Olivier Clert, Helen Blakeman Avec Charlie Rosenzweig, Zach Valentin-Dattas, Jessica Monceau

Lucy vit avec sa famille dans un village sur une petite île isolée. Ses dons extraordinaires suscitent le rejet des habitants. Lorsqu’elle rencontre Milly – une petite fille qu’elle seule peut voir – Lucy embarque dans une grande aventure pour percer le secret de ses mystérieux pouvoirs.

ucy et le mystère des ombres s’inscrit dans la grande tradition des films d’animation fantastiques destinés au jeune public, en proposant une aventure où se mêlent mystère, magie et quête d’identité. Le long-métrage suit Lucy, une jeune fille vivant avec sa famille sur une île reculée dont les pouvoirs extraordinaires alimentent la méfiance des habitants. Rejetée par ceux qui l’entourent, elle voit sa vie basculer lorsqu’elle rencontre Milly, une énigmatique fillette que personne d’autre ne semble capable de voir.

À partir de cette intrigue intrigante, le film développe un récit initiatique qui explore avec délicatesse des thèmes universels tels que la différence, l’acceptation de soi et la peur de l’inconnu. Lucy apparaît rapidement comme une héroïne attachante, confrontée à l’incompréhension des adultes et aux préjugés de sa communauté. Son voyage, autant intérieur que fantastique, l’amène à découvrir l’origine de ses dons tout en apprenant à trouver sa place dans un monde qui la considère comme différente.

Visuellement, l’œuvre séduit par ses décors inspirés, ses paysages insulaires empreints de poésie et son univers empreint de mystère. Les séquences fantastiques apportent leur lot d’émerveillement tandis que la relation entre Lucy et Milly constitue le cœur émotionnel du récit. Cette amitié singulière permet au film d’aborder avec justesse les thèmes de la solitude, de la confiance et du courage.

Sans révolutionner les codes du genre, Olivier Clert livre une aventure familiale efficace, accessible aux plus jeunes tout en proposant un message positif et bienveillant. Entre émotion, suspense et découvertes fantastiques, Lucy et le mystère des ombres offre un joli moment de cinéma d’animation qui rappelle que nos différences peuvent devenir notre plus grande force. Un film tendre et enchanteur qui séduira les familles en quête d’une histoire porteuse d’espoir et de magie.

Moulin De László Nemes | Par Olivier Demangel Avec Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin

Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence.  Le destin de la France libre en dépend. 

Moulin s’impose comme l’un des grands rendez-vous du cinéma historique français en s’intéressant aux derniers jours de Jean Moulin, figure majeure de la Résistance. Plutôt que de retracer l’ensemble de son parcours, le réalisateur concentre son récit sur la période qui suit son arrestation en juin 1943, lorsque l’homme chargé d’unifier les mouvements résistants est confronté à Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon. Un choix narratif qui permet au film de déployer toute sa tension autour d’un affrontement psychologique particulièrement intense.

László Nemes signe une réalisation sobre et immersive, refusant tout héroïsme facile pour montrer un homme confronté à la violence, à l’isolement et à la torture. Cette approche, au plus près des personnages, renforce la dimension humaine du récit tout en rappelant les enjeux historiques considérables qui reposaient alors sur les épaules de Jean Moulin. Chaque échange, chaque silence et chaque épreuve prennent une dimension décisive dans cette lutte où la survie de réseaux entiers de la Résistance est en jeu.

Au cœur du film, Gilles Lellouche livre l’une des prestations les plus marquantes de sa carrière. Tout en retenue, il incarne avec justesse la détermination et la fragilité de Jean Moulin. Face à lui, Lars Eidinger compose un Klaus Barbie froid et inquiétant, transformant leurs confrontations en véritables duels de volonté. Louise Bourgoin complète efficacement une distribution de haut niveau.

Porté par une mise en scène rigoureuse, une photographie sombre et une reconstitution soignée, Moulin dépasse le simple cadre du biopic pour devenir une réflexion sur le courage, le sacrifice et la résistance face à la barbarie. Un film exigeant et poignant qui rend hommage à une figure essentielle de l’histoire française et rappelle, avec force, le prix payé par celles et ceux qui ont combattu pour la liberté.

Le Fantôme de l’Opéra De Alexandre Castagnetti | Par Alexandre Castagnetti, Camille Fontaine Avec Deva Cassel, Julien De Saint-Jean, Romain Duris

Dans le Paris d’aujourd’hui, Anastasia, jeune danseuse, intègre le prestigieux Opéra de Paris. Alors qu’elle répète l’Orpheus, un opéra maudit qui aurait été composé par le Fantôme de l’Opéra, elle tombe amoureuse d’un mystérieux pianiste. À l’approche de la première représentation, entre accidents inexpliqués et révélations troublantes, Anastasia se trouve plongée dans une histoire d’amour impossible, à la frontière du réel et du fantastique.

Le Fantôme de l’Opéra avait de quoi séduire sur le papier : revisiter le célèbre mythe dans le Paris d’aujourd’hui, au cœur de l’Opéra de Paris, en mêlant romance et fantastique. Malheureusement, le résultat peine à convaincre. Le film d’Alexandre Castagnetti propose une adaptation très libre qui s’éloigne de l’esprit de l’œuvre originale sans réellement réussir à lui apporter une vision moderne forte.

L’intrigue manque de suspense et d’émotion, tandis que la relation entre les personnages peine à susciter l’attachement. Les éléments fantastiques restent superficiels et les nombreuses références au mythe du Fantôme de l’Opéra semblent davantage décoratives qu’essentielles au récit. Malgré le charme de certains décors et une esthétique soignée, l’ensemble manque d’ampleur et de souffle.

C’est d’autant plus regrettable que le matériau d’origine offrait un potentiel considérable. Entre mystère, passion et tragédie, cette nouvelle version passe à côté de ce qui faisait la force de l’histoire. Une adaptation décevante, qui laisse surtout un sentiment de rendez-vous manqué

Morsures de Maxime Chattam

Avec ce thriller haletant sur fond de biologie marine et de légendes, hommage aux Dents de la mer et à l’esprit d’aventure des Goonies, Maxime Chattam harponne le lecteur et continue de nous surprendre.

Les paysages sauvages de la Côte d’Émeraude n’ont sans doute jamais semblé aussi menaçants que sous la plume de Maxime Chattam. Dans Morsures, l’auteur mêle thriller, horreur et légendes bretonnes pour construire un récit particulièrement immersif où la peur surgit aussi bien des profondeurs marines que des croyances ancestrales.

Tout commence par une disparition inexpliquée au large des côtes bretonnes. Très vite, l’hypothèse d’un grand requin blanc s’impose, semant l’inquiétude dans une station balnéaire peu habituée à ce genre de menace. Chargé de l’enquête, l’adjudant Lucas Romy refuse pourtant les conclusions trop évidentes. Plus il avance dans ses recherches, plus les certitudes vacillent. Parallèlement, une bande d’adolescents découvre un mystérieux grimoire et se passionne pour les rituels occultes, ouvrant la porte à des événements de plus en plus troublants.

L’une des grandes réussites du roman réside dans son atmosphère. Chattam exploite à merveille les décors bretons, les falaises battues par les vents, les plages désertées hors saison et les forêts chargées de légendes. Cette nature omniprésente devient un personnage à part entière, aussi fascinante qu’inquiétante.

Le récit alterne habilement entre l’enquête de Lucas Romy et les aventures des adolescents, dans un équilibre qui rappelle les grands romans d’aventure tout en conservant la noirceur propre à l’auteur. Les références assumées aux Dents de la mer ou à l’esprit des Goonies apportent une dimension nostalgique sans jamais faire perdre au livre son identité.

Au-delà du suspense, Morsures séduit également par la richesse de sa documentation autour du monde marin et des requins. Cette dimension réaliste renforce l’efficacité du récit et nourrit le doute permanent entre explications rationnelles et phénomènes plus inquiétants.

Rythmé, angoissant et parfaitement maîtrisé, Morsures démontre une nouvelle fois le talent de Maxime Chattam pour installer un climat de tension durable. Un thriller captivant où les peurs modernes croisent les vieux mythes, et qui laisse longtemps au lecteur le goût du sel… et de l’inquiétude.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel
  • Date de publication ‏ : ‎ 28 octobre 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 496 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226470107
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226470102

Changer l’eau des fleurs (édition 2026; collector) de Valérie Perrin

Le roman aux millions de lecteurs qui a inspiré le film de Jean-Pierre Jeunet.

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Véritable phénomène de librairie, Changer l’eau des fleurs continue de toucher les lecteurs plusieurs années après sa parution. Cette édition collector de 2026 est l’occasion de redécouvrir le roman qui a consacré Valérie Perrin comme l’une des voix les plus populaires de la littérature française contemporaine.

Au cœur du récit se trouve Violette Toussaint, garde-cimetière dans une petite commune de Bourgogne. Dans sa loge, entre les visiteurs de passage et les habitués venus se recueillir, elle écoute les confidences, partage un café et accueille les douleurs comme les joies. Derrière cette existence en apparence paisible se cache pourtant une histoire personnelle marquée par les épreuves et les secrets.

Lorsque la demande inhabituelle d’un homme vient bouleverser l’équilibre de ce quotidien, le passé remonte peu à peu à la surface. Les destins se croisent, les non-dits se dévoilent et le lecteur découvre, par touches successives, le parcours profondément humain de cette femme qui n’a jamais renoncé à croire au bonheur.

Le grand talent de Valérie Perrin réside dans sa capacité à rendre extraordinaires les choses les plus simples. Avec une écriture sensible et accessible, elle compose une galerie de personnages marqués par la vie mais toujours animés par l’espoir. Le cimetière devient alors un lieu de rencontres, de mémoire et parfois même de renaissance.

Tour à tour émouvant, drôle et lumineux, Changer l’eau des fleurs parle d’amour, d’absence, de résilience et de la manière dont les vivants restent liés à ceux qu’ils ont perdus. Un roman profondément humaniste qui émeut sans jamais sombrer dans le pathos et dont le succès repose avant tout sur la force de ses personnages et la justesse de son regard sur la vie. Une lecture bouleversante et pleine de tendresse, qui laisse longtemps son empreinte après la dernière page.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel
  • Date de publication ‏ : ‎ 4 novembre 2026
  • Édition ‏ : ‎ Edition spéciale
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 560 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2226516654
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226516657

Nayla au pays des merveilles: Un conte universel qui fait du bien à l’âme de Tahar Ben Jelloun

A la suite d’un tremblement de terre, Nayla, douze ans, se retrouve seule au monde. Commence alors pour elle un étrange voyage.

Figure incontournable de la littérature francophone, Tahar Ben Jelloun propose un récit empreint de poésie et de délicatesse où le merveilleux devient un refuge face à la douleur. Nayla au pays des merveilles raconte le destin d’une jeune fille de douze ans qui, après un terrible tremblement de terre, se retrouve seule et contrainte de réinventer son rapport au monde.

Guidée par Sibo, un chat aux pouvoirs énigmatiques, et par une vieille femme dont les paroles semblent renfermer les secrets de l’univers, Nayla entreprend un voyage aussi intérieur que réel. Au fil de son chemin, elle traverse des paysages fascinants, rencontre des animaux parlants et découvre des lieux où l’imaginaire ouvre la voie à la compréhension de soi. Chaque étape lui permet d’apprivoiser ses peurs, ses souvenirs et les blessures laissées par la tragédie.

Sous l’apparence d’un conte accessible, l’auteur aborde des thèmes profonds comme le deuil, la solitude, la résilience et la quête de sens. Son écriture, fluide et empreinte de douceur, donne au récit une dimension universelle qui touche aussi bien les jeunes lecteurs que les adultes. Les références au monde du merveilleux évoquent parfois l’univers d’Alice, mais Tahar Ben Jelloun trace ici sa propre voie, nourrie de philosophie, de spiritualité et d’humanisme.

Les illustrations réalisées par l’auteur renforcent encore le caractère intime de l’ouvrage. Elles accompagnent ce voyage initiatique et prolongent l’atmosphère de rêve qui enveloppe le récit.

À la fois conte philosophique, fable initiatique et hymne à l’espérance, Nayla au pays des merveilles est un livre qui invite à regarder au-delà des épreuves. Une lecture sensible et réconfortante, portée par l’idée que l’imagination, la mémoire et la beauté peuvent aider à retrouver son chemin lorsque tout semble perdu.

  • Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel
  • Date de publication ‏ : ‎ 28 octobre 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 222651404X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226514042