The Merman Trapped in My Lake – tome 3 de Chi pa rang (Auteur), R.PPOBI (Auteur), Mitchu (Auteur)

Un cœur pris au piège d’un amour obsessionnel à travers les âges.

Le passé et le présent s’entremêlent dans l’esprit de Mel, le poussant à des actes désespérés qui ébranlent sa raison. Sensible à son désarroi, Servaine est submergée par un flot de sentiments contradictoires. Le besoin fébrile de le garder près d’elle jette une ombre sur les intrigues royales qui se trament contre elle

Le passé envahit le présent et l’attachement menace de devenir une prison. Ce troisième tome de The Merman Trapped in My Lake, signé Chi pa rang, R.PPOBI et Mitchu, poursuit la relation tourmentée de Mel et Servaine, entre désarroi intime et intrigues royales.

Pour Mel, les époques se confondent jusqu’à fragiliser son rapport à la réalité. Ses actes désespérés donnent au passé une présence menaçante : ce qui a été vécu continue d’agir sur ses décisions et sur sa relation à Servaine. L’amour annoncé « à travers les âges » prend ainsi une dimension douloureuse, chargé de souvenirs auxquels il semble difficile d’échapper.

Face à cette détresse, Servaine éprouve des sentiments contradictoires. Sa sensibilité au trouble de Mel se mêle à un besoin pressant de le garder auprès d’elle. Cette ambiguïté constitue le point le plus intéressant de leur dynamique : vouloir protéger quelqu’un peut aussi nourrir le désir de le retenir.

Le titre trouve ici une résonance particulière. Le piège évoque autant un enfermement physique que les liens affectifs dont les personnages peinent à se dégager. La proximité devient une source possible de réconfort, mais aussi un espace où la peur de perdre l’autre risque de dicter les comportements.

Les intrigues royales ajoutent une menace extérieure à cet équilibre déjà précaire. Alors que des manœuvres se trament contre Servaine, son attention reste accaparée par Mel. Cette concurrence entre urgence politique et besoin affectif ouvre une tension forte : que risque-t-elle de laisser échapper en cherchant à préserver leur lien ?

Ce troisième volet place ainsi la contradiction au cœur de sa romance : désirer la présence de l’autre tout en risquant de l’enfermer. Entre mémoire envahissante et dangers de cour, la relation de Mel et Servaine soulève une question inquiétante : jusqu’où leur attachement peut-il les conduire lorsqu’il devient impossible d’envisager la séparation ?

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 15 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102995 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102996

Tombeau pour un cheval d’orgueil : l’adieu en clair-obscur de Bartabas à Tzar

Au Théâtre équestre Zingaro, Bartabas retrouve son cheval Tzar pour un ultime tour de piste qui marque également ses adieux en tant qu’écuyer. Avec la violiste Lucile Boulanger, il compose une méditation sur le temps partagé, l’attachement et la séparation. Une proposition intime dont le dépouillement demande au public une véritable disponibilité.

Que reste-t-il à montrer lorsque l’essentiel s’est construit pendant des années, dans le travail quotidien et une connaissance réciproque ? Tombeau pour un cheval d’orgueil prend cette question pour point de départ. Bartabas y rend hommage à Tzar, son compagnon depuis plus d’une décennie. Leur dernière apparition commune en piste donne une forme publique à une histoire dont la plus grande part appartient à leur intimité.

Le spectacle adopte une forme resserrée. Comme le décrit La Terrasse, les figures équestres se succèdent dans un dispositif sobre, entrecoupées de lectures confiées à Henri Carballido et Alice James. Lucile Boulanger joue de la basse de viole, tandis que les apparitions de Solenn Heinrich et de son cheval Misere introduisent une présence claire dans cet univers aux tonalités sombres.

Ce choix esthétique engage une autre façon de regarder. L’attention se porte sur la relation : comment deux corps trouvent un rythme commun, comment une intention semble passer de l’un à l’autre, comment le mouvement devient un langage. Le projet invite à reconnaître tout ce qui précède le geste visible. Une évolution en piste contient des années de répétitions, d’ajustements et de patience que le spectateur ne peut qu’imaginer.

Tzar occupe ainsi le centre symbolique de cette création. Lui consacrer un hommage revient à reconnaître sa place dans une œuvre et dans une vie. Le titre lui accorde une dignité singulière : celle d’un être auquel on doit quelque chose, dont la présence a compté et mérite d’être célébrée.

Le « tombeau » renvoie à la tradition musicale de l’hommage à un être aimé. Les œuvres de Sainte-Colombe, Marin Marais, Nicolas Hotman et Philippe Hersant inscrivent cette séparation dans un dialogue entre musique, littérature et art équestre. Le mot porte une gravité, mais aussi une volonté de transmission. Il s’agit de donner une forme à ce qui disparaîtra de la piste, d’en préserver une trace sensible.

Cette démarche possède toutefois son exigence. La lenteur et la retenue peuvent ouvrir un espace de contemplation ; elles peuvent aussi maintenir le public à distance. Dans sa critique, Éric Demey relève précisément cette difficulté : l’intimité du duo lui paraît parfois si refermée sur elle-même qu’elle laisse peu de place au spectateur. Il souligne néanmoins l’accord remarquable entre Bartabas et Tzar.

Cette réserve touche au cœur du projet. Comment partager un lien qui repose sur une expérience inaccessible aux autres ? L’émotion ne se transmet pas automatiquement parce qu’un adieu est annoncé. Elle suppose de trouver, dans une histoire particulière, quelque chose que chacun puisse reconnaître : la gratitude envers un compagnon, la conscience du vieillissement, la difficulté de quitter une pratique qui a façonné son existence.

Le retrait de Bartabas en tant qu’écuyer donne à cette dernière dimension une résonance particulière. Il prend congé d’une manière d’engager son corps, de travailler et de se présenter au public. La piste devient le lieu où cette étape peut être reconnue, accompagnée et saluée.

Tombeau pour un cheval d’orgueil se situe dans cet espace fragile entre la cérémonie personnelle et le partage artistique. Son dépouillement constitue à la fois sa singularité et sa limite possible. Il invite à prendre le temps de considérer une présence, à mesurer ce qu’une relation dépose en nous, puis à accepter qu’un dernier tour de piste puisse en contenir toute l’histoire.

Tombeau pour un cheval d’orgueil — Théâtre équestre Zingaro, Aubervilliers. Jusqu’au 31 décembre 2026. Durée : 1 heure. À partir de 7 ans.

Obscurantis – Tome 01 de Didier Convard (Scenario), Denis Falque (Dessins)

Le réveil du citoyen

Une femme exécutée, un homme désabusé et une apparition qui ébranle les certitudes : Didier Convard et Denis Falque ouvrent Obscurantis sur une blessure intime appelée à devenir politique. Ce premier volet d’une trilogie de fantasy post-technologique interroge l’emprise d’un pouvoir religieux qui organise sa domination par le mensonge.

Au sein de la mégapole de la Mère Croyante, Galad assiste, impuissant, à l’exécution d’Aân Ji, la femme qu’il aime. Lorsque son âme réapparaît pour le guider, le marin découvre les rouages d’un ordre dont il subissait jusque-là l’autorité. Clergé totalitaire, cargaisons secrètes, Résistance clandestine : derrière la doctrine se dessinent des intérêts et des opérations bien terrestres.

Le point de départ donne un ancrage humain à un conflit de grande ampleur. Galad est d’abord un homme frappé par la perte. Son chemin vers la révolte naît d’une injustice vécue, puis de la découverte d’un système qui dépasse son propre malheur. Le sous-titre, Le Réveil du citoyen, prend ainsi tout son sens : la douleur ouvre progressivement les yeux sur une oppression collective.

La présence d’Aân Ji apporte une tension particulièrement intéressante au propos. Le surnaturel existe, tandis que l’institution prétendant détenir la vérité spirituelle apparaît comme une entreprise de falsification. Cette distinction permet d’interroger la confiscation de la croyance par ceux qui s’en servent pour gouverner. Les convictions sincères deviennent dangereuses dès qu’elles échappent au contrôle du clergé.

La fuite de Galad, à travers le fleuve et la jungle, élargit ensuite l’horizon. Sa rencontre avec les Recueilleurs introduit une autre mémoire, conservée à l’écart du récit officiel. Le savoir devient un enjeu de pouvoir : retrouver les traces du passé pourrait fragiliser un ordre présenté comme incontestable.

Les inquisiteurs du Blanc Clergé donnent un visage à la répression. Leur poursuite relie l’aventure à la question centrale de cette fable : comment une autorité maintient-elle son emprise lorsque des individus commencent à douter ? Le contrôle des corps accompagne celui des idées, et la recherche de vérité expose immédiatement au danger.

Convard et Falque posent les bases d’un récit où l’émancipation passe par la reconquête de la mémoire et du jugement. Entre deuil, secrets et résistance, Obscurantis trouve son angle le plus stimulant dans le passage de la souffrance individuelle à la conscience politique : Galad doit comprendre le monde qui lui a pris Aân Ji avant de pouvoir espérer le changer.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344048960 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344048962

L’Âge bête aux Folies Bergère : Michèle Laroque et Kad Merad célèbrent l’amour sans âge

Avec L’Âge bête, Michèle Laroque et Kad Merad forment un couple attachant, bien décidé à profiter de la vie sans se laisser dicter sa conduite par les années. Écrite et mise en scène par Olivier Baroux, cette comédie offre une parenthèse légère et chaleureuse. Une bonne soirée aux Folies Bergère, placée sous le signe du rire et des nouvelles chances.
On parle volontiers de l’adolescence comme de l’âge des excès, des contradictions et des premières fois. Mais pourquoi faudrait-il renoncer à tout cela une fois la soixantaine arrivée ? C’est le point de départ réjouissant de L’Âge bête. Claire et Benoît viennent de se rencontrer et veulent vivre leur histoire pleinement. Ils ont leurs envies, leurs habitudes bien installées et une ferme intention : continuer à s’amuser.
De cette rencontre naît une comédie qui trouve dans la vie de couple une matière familière et féconde. Car tomber amoureux ne signifie pas repartir de zéro. Il faut composer avec le caractère de l’autre, ses réflexes, ses certitudes et ses petites manies. Le décalage entre l’enthousiasme des débuts et les réalités du quotidien donne au spectacle son ressort : on peut avoir de l’expérience et retrouver, face à l’autre, toutes les maladresses d’un premier amour.
Le principal plaisir tient à la réunion de Michèle Laroque et Kad Merad. Leurs personnalités donnent immédiatement envie de suivre les aventures de Claire et Benoît. Tous deux possèdent cette familiarité précieuse qui permet d’aborder les travers de leurs personnages avec affection. Leur couple invite à sourire de ses contradictions autant qu’à partager son envie d’aller de l’avant.
Olivier Baroux choisit une approche directe, accessible, nourrie des écarts entre ce que l’on voudrait être et ce que l’on est réellement. Vouloir rester libre, spontané et ouvert à toutes les expériences devient forcément plus compliqué lorsque plusieurs décennies d’habitudes s’invitent dans la relation. Cette résistance du quotidien constitue un terrain de jeu comique dans lequel chacun peut reconnaître quelque chose de lui-même, quel que soit son âge.
Au-delà des situations, L’Âge bête séduit par le regard qu’il porte sur ses personnages. Claire et Benoît ont encore le droit d’être excessifs, amoureux, imprudents ou simplement un peu ridicules. Leur désir de profiter de la vie les rend sympathiques. Le spectacle accueille leurs imperfections et rappelle que la maturité n’oblige heureusement personne à devenir raisonnable en toutes circonstances.
Cette légèreté fait du bien. Sans chercher à transformer son sujet en leçon sur le temps qui passe, la comédie laisse une place à la tendresse et au plaisir de recommencer. Une rencontre peut encore déplacer les habitudes, réveiller des envies et donner un nouvel élan au quotidien.
Porté par un duo que l’on prend plaisir à retrouver, L’Âge bête propose un divertissement chaleureux et sans prétention. On passe une bonne soirée en compagnie de ces deux amoureux imparfaits, avec le sourire et cette pensée plutôt réconfortante : les années passent, mais l’envie de s’amuser peut rester intacte.

Dracula Bram Stoker (Auteur), Omar Sy (Narrateur), Deva Cassel (Narrateur)

Pendant des siècles, Dracula a échappé à la capture. Jusqu’à ce que Mina Harker entre en scène.

Le plus célèbre des vampires revient dans une adaptation audio ambitieuse. Audible revisite le chef-d’œuvre de Bram Stoker avec Omar Sy dans le rôle de Dracula et Deva Cassel dans celui de Mina Harker. Réalisée par Mary Lambert, cette nouvelle version mise sur une narration immersive, une musique originale et un univers sonore conçu pour faire frissonner les auditeurs.

Lorsque son fiancé disparaît mystérieusement en Transylvanie, Mina Harker décide de comprendre ce qui lui est arrivé. En rassemblant lettres, journaux intimes et témoignages, elle découvre peu à peu l’existence d’un prédateur qui menace ses proches. Alors que son amie Lucy tombe sous l’emprise de Dracula, Mina s’allie à la mystérieuse professeure Van Helsing pour tenter de mettre fin à ses agissements.

Cette adaptation fait un choix intéressant en plaçant Mina au centre de l’histoire. Loin de se limiter au rôle de victime, elle devient une véritable enquêtrice, capable de relier les indices et d’affronter une menace que personne ne semble pouvoir maîtriser.

Le duo formé par Omar Sy et Deva Cassel constitue l’une des principales attractions de cette production. Le premier prête sa voix à un Dracula dont la présence doit avant tout se faire ressentir par la parole, tandis que la seconde incarne une héroïne déterminée à reprendre le contrôle de son destin.

Le format audio paraît particulièrement adapté à l’univers de Bram Stoker. Les lettres et les journaux intimes, essentiels dans le roman original, trouvent naturellement leur place dans une narration fondée sur les voix et les témoignages.

La réalisation de Mary Lambert, connue notamment pour Simetierre, s’accompagne d’une création musicale et sonore signée Ilan Eshkeri. La disponibilité en Dolby Atmos renforce l’ambition immersive de cette adaptation, où les bruits, les silences et les déplacements sonores peuvent devenir aussi importants que les dialogues.

Cette modernisation présente néanmoins un défi : conserver l’atmosphère gothique et la lente montée de l’angoisse qui font la richesse du roman, sans transformer Dracula en simple menace spectaculaire.

Cette nouvelle adaptation de Dracula possède de sérieux arguments pour séduire aussi bien les amateurs du roman que les auditeurs découvrant l’histoire. En donnant davantage de place à Mina Harker et en exploitant les possibilités du son immersif, Audible propose une autre manière d’aborder ce classique de l’horreur. Une expérience qui rappelle que, pour faire peur, il n’est pas toujours nécessaire de montrer le monstre : parfois, il suffit de l’entendre approcher.

Durée ‏ : ‎ 5 heures et 57 minutes Auteur ‏ : ‎ Bram Stoker, voir tout Narrateur ‏ : ‎ Omar Sy, voir tout Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Éditeur ‏ : ‎ Audible Originals ASIN ‏ : ‎ B0H94M2FPQ

Camille, le chat et le violoncelle: Un livre à écouter (CD+QR code) de Vincent Cuvellier (Auteur), Maguelone Du Fou (Illustrations)

Mis en musique par Lucas Debargue et lu par Constance Rousseau

Un instrument qui reste muet, un chat qui s’aventure sur les toits et une jeune musicienne en quête d’inspiration : Camille, le chat et le violoncelle transforme un blocage en invitation à explorer. Vincent Cuvellier et Maguelone du Fou proposent un conte musical à découvrir par la lecture et l’écoute, grâce au CD et au QR code.

Camille joue du violoncelle depuis ses cinq ans. Son apprentissage connaît des variations : parfois elle joue bien, parfois moins, fort ou doucement. Cette entrée en matière laisse une place aux essais et aux imperfections, jusqu’au jour où plus aucune note ne vient.

Le silence soudain donne au récit une question accessible aux enfants : comment continuer lorsque ce que l’on savait faire semble nous échapper ? Camille choisit de partir, son instrument sur le dos, à la suite de son chat. Les toits deviennent un terrain d’aventure où chercher une impulsion nouvelle.

Ce déplacement possède une belle force poétique. Pour retrouver la musique, Camille quitte ses habitudes et se rend disponible à l’imprévu. Le chat introduit une liberté bienvenue : il ouvre un chemin que la jeune fille n’aurait peut-être pas emprunté seule.

Le format à écouter prend ici tout son sens. La musique, au cœur de l’histoire, peut aussi faire partie du moment partagé autour du livre. Le texte de Vincent Cuvellier, les illustrations de Maguelone du Fou et la dimension sonore offrent plusieurs portes d’entrée vers cette quête d’inspiration.

Camille, le chat et le violoncelle invite à envisager le dépassement de soi comme une exploration, où la curiosité compte autant que la persévérance. Une prémisse lumineuse pour parler du plaisir de créer et de ces moments de doute qui font aussi partie de l’apprentissage.

Éditeur ‏ : ‎ GALLIMARD JEUNE Date de publication ‏ : ‎ 22 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2075209847 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2075209847

Ghostlore : 50 histoires de fantômes Beau livre Surnaturel Histoires et contes de Icy Sedgwick (Auteur), Mabel Esteban Garcia (Dessin)

Depuis toujours, les histoires de fantôme peuplent notre imaginaire… Plongez au cœur d’un voyage surnaturel à travers ces 50 mythes et récits du monde entier.

Des poltergeists allemands aux esprits vengeurs japonais, Ghostlore : 50 histoires de fantômes explore les récits surnaturels du monde entier. Icy Sedgwick, accompagnée des illustrations de Mabel Esteban Garcia, rassemble un imaginaire où la peur des morts révèle aussi les préoccupations des vivants.

Pourquoi certaines présences continueraient-elles de hanter un lieu ? Que reste-t-il d’une colère, d’un chagrin ou d’une existence interrompue ? Les histoires de fantômes donnent des formes multiples à ces interrogations. Le choix de réunir cinquante récits permet d’aborder cette diversité à travers des figures et des traditions différentes.

Le voyage annoncé rapproche notamment les poltergeists facétieux, l’Onryō japonais et Philibert, associé aux Catacombes de Paris. Cette variété constitue l’un des attraits du projet : le fantôme peut être une menace, une présence déroutante ou une énigme attachée à un endroit précis. Chaque histoire invite à découvrir les circonstances qui rendent une apparition inquiétante.

L’approche par les folklores ouvre également une perspective culturelle. Au-delà du frisson, ces récits interrogent notre rapport à la mémoire, à l’injustice et à ce qui demeure inexpliqué. Les comparer permet d’observer des préoccupations communes sans effacer les particularités de chaque légende.

Le format du beau livre illustré se prête particulièrement à cette exploration. Le travail de Mabel Esteban Garcia accompagne les textes et donne une dimension visuelle à ces présences insaisissables. L’objet invite autant à suivre le parcours proposé qu’à choisir une histoire au gré de sa curiosité, pour une lecture ponctuée de rencontres surnaturelles.

Ghostlore possède ainsi une promesse séduisante : faire découvrir les histoires derrière les apparitions. Un recueil destiné aux amateurs de folklore et de fantastique, qui donne envie d’explorer ce que nos fantômes racontent de nous.

ASIN ‏ : ‎ B0H1KJ2XP6 Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 22 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032411308

Epic Fail – Le Jeu de Cartes de Julien Tellouck

Serez-vous le premier à vous tromper ? Mettez votre amitié à l’épreuve avec Epic Fail, le jeu apéro idéal pour vos soirées !

Dans Epic Fail, soyez le plus rapide et le plus attentif ! À tour de rôle, les joueurs tirent une carte avec une consigne simple :  » Citez un animal qui commence par A « ,  » Donnez le nom d’un super-héros Marvel « ,  » Fredonnez une chanson des années 2000 « 
Le premier qui hésite, se trompe ou répète une réponse… a  » fail  » et perd la manche. Le grand gagnant… sera le dernier en lice !

Un jeu d’ambiance rythmé, immédiat, sans préparation, basé sur la vitesse, la spontanéité et le rire, cadeau idéal pour les apéros entre amis !

Citer un animal, nommer un super-héros ou fredonner une chanson : rien de bien compliqué… jusqu’à ce qu’il faille répondre vite. Epic Fail transforme ces petites consignes en défis où l’hésitation peut suffire à perdre la manche. Un jeu d’ambiance qui mise sur la spontanéité et les erreurs des joueurs.

Le principe se comprend rapidement. À tour de rôle, les participants tirent une carte et suivent sa consigne. Il faut rester attentif : une réponse fausse, un blanc ou une proposition déjà donnée provoque le « fail ». L’objectif est de rester le dernier en lice.

L’intérêt du dispositif tient au décalage entre la simplicité des questions et la pression du moment. Trouver un animal commençant par A paraît évident. Mais lorsque les réponses s’enchaînent et que les idées disponibles se raréfient, même une consigne familière peut devenir un piège.

L’écoute compte donc autant que la rapidité. Préparer sa réponse ne suffit pas : il faut suivre celles des autres pour éviter les répétitions. Cette double attention donne au jeu son ressort, entre réflexe, mémoire immédiate et peur du trou de mémoire.

Les catégories annoncées mêlent vocabulaire, culture populaire et musique. Elles sollicitent des connaissances différentes, même si certaines références favoriseront forcément les joueurs qui les maîtrisent. La variété peut aussi faire surgir ces moments amusants où l’on connaît parfaitement une réponse sans parvenir à la retrouver à temps.

Facile à présenter et annoncé sans préparation, Epic Fail possède une formule adaptée aux débuts de soirée. Sa promesse repose sur une mécanique toute simple : sous pression, les petites erreurs peuvent faire les meilleurs souvenirs autour de la table.

L’Émerveilleuse de MARGAUX MOTIN

Enfant de la campagne à la sensibilité à fleur de peau, Margaux voit son monde basculer lorsqu’elle doit partir vivre à Paris. Pendant des années, persuadée d’être  » trop sensible « , elle se coupe d’elle-même pour s’adapter à cette nouvelle vie. Devenue adulte, menant de front sa vie d’autrice à succès, d’amoureuse et de maman, elle est épuisée, débordée par ses émotions et sujette à des crises d’angoisse, sans vraiment comprendre pourquoi. Sur un coup de tête amoureux, elle décide de s’installer au Pays basque, emportant son anxiété dans ses valises. Là, au coeur de la nature, guidée par une rencontre inattendue, elle redécouvre peu à peu quelque chose d’enfoui depuis l’enfance : sa capacité d’émerveillement. Commence alors un cheminement qui lui permettra de renouer avec son imaginaire, de retrouver la joie et la paix et d’accepter sa sensibilité.

Longtemps persuadée d’être « trop sensible », Margaux a appris à étouffer ses émotions pour s’adapter. L’Émerveilleuse raconte le chemin inverse : celui d’une femme qui cherche à renouer avec son imaginaire, ses sensations et sa capacité à s’émerveiller. Une quête intime où le retour à la nature fait ressurgir une part oubliée de l’enfance.

Enfant de la campagne, Margaux voit ses repères bouleversés lorsqu’elle doit partir vivre à Paris. Pour trouver sa place, elle met progressivement sa sensibilité à distance. Des années plus tard, sa vie d’autrice, d’amoureuse et de mère s’accompagne d’un épuisement qu’elle peine à comprendre. Les réussites n’empêchent ni les émotions de déborder ni les crises d’angoisse de survenir.

Ce décalage constitue le cœur du récit. Comment reconnaître ses besoins lorsque l’on a pris l’habitude de les faire taire ? Margaux Motin aborde cette difficulté à travers un parcours où les attentes du quotidien finissent par éloigner de soi.

Le départ pour le Pays basque ouvre une nouvelle étape, sans effacer les difficultés. L’anxiété suit le déménagement. Le changement se construit progressivement, au contact de la nature et grâce à une rencontre inattendue dont il faut préserver la découverte.

L’émerveillement devient alors une manière de retrouver de l’attention pour ce qui l’entoure. Une sensation, un paysage, un détail peuvent réveiller un imaginaire longtemps délaissé. Le lien à l’enfance donne une profondeur particulière à cette démarche : il s’agit aussi de reconnaître la petite fille sensible qu’elle a été, et de lui accorder enfin une place.

L’Émerveilleuse porte ainsi une interrogation touchante sur les efforts que l’on fournit pour correspondre aux attentes des autres. Margaux Motin propose de considérer la sensibilité comme une part de soi à comprendre, capable de nourrir la création, les liens et la joie quotidienne.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 21 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203222832 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203222830

L’Être Aimé De Rodrigo Sorogoyen | Par Rodrigo Sorogoyen, Isabel Peña Avec Javier Bardem, Victoria Luengo, Raúl Arévalo

Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.

Peut-on reconstruire une relation familiale après treize années de silence ? Rodrigo Sorogoyen s’intéresse à cette question dans L’Être Aimé, un drame porté par Javier Bardem, Victoria Luengo et Raúl Arévalo. Une histoire où le cinéma devient le terrain d’une confrontation entre un père absent et une fille qui a appris à vivre sans lui.

Esteban Martínez est un réalisateur mondialement reconnu. De retour en Espagne pour tourner son nouveau film, il décide de confier le rôle principal à sa fille, une jeune actrice encore inconnue qu’il n’a pas revue depuis treize ans. Pour elle, cette proposition représente une occasion exceptionnelle de lancer sa carrière, mais aussi l’obligation de retrouver un homme dont elle n’a jamais véritablement ressenti la présence paternelle.

Le point de départ est particulièrement intéressant, car il mêle deux relations profondément différentes : celle d’un réalisateur avec son actrice et celle d’un père avec sa fille. Sur un plateau de tournage, Esteban possède l’autorité et le contrôle qui lui ont peut-être toujours échappé dans sa vie familiale.

Cette situation soulève une question essentielle : cherche-t-il réellement à renouer avec sa fille ou tente-t-il de réparer leur histoire à travers son propre film ?

Rodrigo Sorogoyen retrouve ici un thème important de son cinéma : les rapports de pouvoir et leurs conséquences sur les relations humaines. Après As bestas et El Reino, le réalisateur semble privilégier une tension plus intime, où les conflits ne se jouent plus seulement dans la violence ou les affrontements directs, mais dans les silences et les rancœurs accumulées.

Javier Bardem possède l’intensité nécessaire pour incarner un homme partagé entre son statut de cinéaste admiré et ses défaillances personnelles. Face à lui, Victoria Luengo pourrait apporter une sensibilité différente, celle d’une jeune femme qui refuse de laisser son père décider une nouvelle fois de sa place.

Le risque d’un tel récit serait de conduire trop facilement vers une réconciliation attendue. Treize années d’absence ne s’effacent pas simplement parce qu’un père offre une opportunité professionnelle à son enfant. C’est précisément cette difficulté qui peut donner au film toute sa profondeur.

Avec L’Être Aimé, Rodrigo Sorogoyen s’attaque à une relation familiale où l’amour, la culpabilité et le pouvoir se confondent. Plus qu’une histoire de retrouvailles, le film promet une réflexion sur la responsabilité d’un père et sur le droit d’une fille à ne pas pardonner. Un drame intime dont la force pourrait résider dans cette vérité simple : il est parfois plus facile de diriger un film que de trouver les mots pour parler à son propre enfant.

Image : une édition au service de l’intimité

Le film de Rodrigo Sorogoyen repose sur les visages, les regards et les tensions qui traversent les échanges entre Esteban et sa fille. La photographie d’Álex de Pablo joue donc un rôle essentiel dans cette confrontation familiale.

Son : les dialogues au premier plan

La bande sonore occupe une place importante dans ce drame où les mots, les hésitations et les silences nourrissent les tensions entre les personnages.

Les éditions françaises proposent des pistes en espagnol et en français. Le DVD bénéficie d’un encodage Dolby Digital 5.1, tandis que le Blu-ray propose du DTS-HD Master Audio 5.1.

La version originale espagnole paraît particulièrement adaptée à une œuvre aussi centrée sur le jeu des comédiens. Elle permet de retrouver les voix de Javier Bardem et Victoria Luengo, ainsi que les nuances de leurs échanges.

La musique d’Olivier Arson accompagne également cette histoire familiale. L’intérêt de la restitution sonore tient ici davantage à l’intelligibilité des dialogues et à la subtilité des ambiances qu’à des effets spectaculaires.

Bonus : une conférence de presse cannoise bienvenue

Le supplément est la conférence de presse officielle du film au Festival de Cannes 2026, où L’Être aimé figurait en compétition.

Ce choix est pertinent pour un film qui interroge précisément les rapports entre création cinématographique, autorité et relations personnelles. Cette rencontre offre l’occasion de prolonger la découverte de l’œuvre à travers la parole de ses créateurs.

On aurait néanmoins apprécié un ensemble de suppléments plus développé, notamment un entretien consacré à l’écriture avec Isabel Peña, un regard sur le travail des comédiens ou un documentaire sur le tournage.

La conférence de presse reste un complément intéressant, mais elle ne remplace pas un véritable making-of consacré à la fabrication du film.