Trac et Arnaque de Emilie Boré (Auteur), Vincent Di Silvestro (Dessins)

Henriette a 9 ans et souffre d’une timidité maladive. Compliqué, quand on veut devenir une grande actrice…

Émilie Boré et Vincent Di Silvestro imaginent une aventure pleine d’humour autour d’un paradoxe particulièrement savoureux : Henriette rêve de devenir une grande actrice alors qu’elle souffre d’une timidité maladive. À neuf ans, la jeune fille possède donc de grandes ambitions, mais absolument pas l’assurance qui semble nécessaire pour les réaliser.

Il faut ajouter un autre obstacle : Henriette habite à Marlouille, une ville qui n’est pas vraiment connue pour attirer réalisateurs et directeurs de casting. Son rêve semble donc encore lointain jusqu’au jour où une mystérieuse femme l’attend à la sortie de l’école. Elle affirme avoir repéré Henriette et lui promet ce dont elle a toujours rêvé : devenir une star.

La proposition paraît miraculeuse. Elle va surtout entraîner la fillette et sa famille dans une succession de situations aussi absurdes qu’inquiétantes. Car derrière les promesses de célébrité se cache une productrice beaucoup moins bien intentionnée qu’elle ne veut le faire croire.

Le récit joue alors avec l’envers du décor de la célébrité. Être remarquée, devenir connue et attirer les regards peuvent sembler merveilleux lorsque l’on rêve de cinéma, mais la réalité est beaucoup moins séduisante lorsqu’un adulte cherche à profiter de cette ambition.

La personnalité d’Henriette rend l’ensemble particulièrement attachant. Sa timidité n’efface jamais son envie de jouer. Au contraire, le décalage entre son trac permanent et son rêve de monter sous les projecteurs nourrit une grande partie de l’humour tout en abordant avec justesse la difficulté de dépasser ses peurs.

Autour d’elle, les adultes ne sont pas toujours d’un grand secours. Entre une productrice douteuse, une maîtresse impressionnante et des parents rapidement dépassés par les événements, Henriette doit apprendre à comprendre seule une partie de ce qui lui arrive. Le rêve de devenir célèbre se transforme alors en apprentissage de la confiance et de la prudence.

Les dessins de Vincent Di Silvestro accompagnent parfaitement la fantaisie du récit. Les expressions, les situations exagérées et les personnages hauts en couleur renforcent le comique sans empêcher l’histoire de faire passer son message.

Car derrière les péripéties, Trac et Arnaque pose une question très actuelle : que signifie devenir célèbre lorsqu’on est encore enfant ? La notoriété peut faire rêver, mais elle expose également au regard des autres, aux attentes et aux personnes prêtes à profiter de ceux qui veulent réussir.

Le livre ne cherche pourtant jamais à transformer cette réflexion en leçon pesante. L’humour reste au premier plan et permet d’aborder ces sujets à hauteur d’enfant, avec suffisamment de fantaisie pour conserver le plaisir de l’aventure.

Une histoire drôle et pétillante qui détourne avec malice le rêve de devenir une star. À travers Henriette, apprentie actrice aussi ambitieuse que terriblement timide, Émilie Boré et Vincent Di Silvestro parlent du trac, de la célébrité et des mirages des projecteurs, tout en rappelant qu’avant de vouloir être regardé par tout le monde, il faut parfois commencer par apprendre à croire en soi.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNNCJY4 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023523218

Dead Account – Tome 7 de Shizumu Watanabe

Les réseaux sociaux sont hantés, un influenceur va les exorciser !

qui le sépare encore des adversaires les plus puissants.

Shizumu Watanabe ajoute surtout une excellente mécanique de suspense : l’Académie possède une arme secrète capable d’éliminer les assaillants, mais celle-ci ne se déclenchera que dans trois minutes. Dès lors, l’objectif n’est plus nécessairement de vaincre. Il faut simplement survivre.

Ce compte à rebours donne au volume une tension particulièrement efficace. Trois minutes paraissent dérisoires, mais deviennent interminables lorsque chaque seconde peut signifier la mort d’un personnage. Les affrontements gagnent ainsi en urgence et la moindre décision peut permettre de grappiller quelques précieuses secondes.

Le concept de Dead Account continue parallèlement de fonctionner grâce à son utilisation originale de notre rapport au numérique. Les Ghost Accounts donnent une forme surnaturelle aux traces laissées en ligne, tandis que les réseaux sociaux deviennent un espace où souvenirs, émotions et obsessions peuvent littéralement revenir hanter les vivants.

Sôji reste au centre de cette confrontation, mais ce tome met davantage en avant la dimension collective du combat. Face à GARAN et aux autres envahisseurs, il ne peut plus compter uniquement sur ses propres capacités. La survie dépend de la coordination entre les médiums et de leur capacité à tenir ensemble jusqu’au déclenchement de leur ultime défense.

L’arrivée du bras droit de K marque également une étape importante. L’antagoniste principal devient plus proche, sa puissance plus concrète et la menace qu’il représente cesse progressivement d’être abstraite. En s’attaquant directement à Miden, ses alliés prouvent qu’aucun lieu n’est réellement protégé.

Un septième tome particulièrement intense qui transforme l’Académie Miden en véritable champ de bataille. Avec des ennemis beaucoup plus puissants, l’arrivée inquiétante de GARAN et un compte à rebours de trois minutes, Shizumu Watanabe construit un volume sous haute tension où il ne s’agit plus seulement d’exorciser les morts : cette fois, les héros doivent surtout réussir à rester en vie.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDMDY7H Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français

Goblin Slayer Year One – Tome 14 de Kento Sakaeda

Dans cette histoire inédite, baignant toujours dans une ambiance Dark Fantasy, vous découvrirez comment un jeune orphelin est devenu le Crève-Gobelins que tout le monde connaît.

Kento Sakaeda poursuit avec ce quatorzième tome l’exploration de la jeunesse du Crève-Gobelins et permet de mieux comprendre comment un garçon traumatisé par la destruction de son village est progressivement devenu l’aventurier obsessionnel que l’on connaît dans Goblin Slayer.

Year One repose depuis ses débuts sur une idée particulièrement intéressante : revenir avant la légende, à une époque où le Crève-Gobelins n’était encore ni expérimenté ni redouté. Derrière son armure se trouvait simplement un jeune survivant marqué par une attaque de gobelins au cours de laquelle il a perdu son village et sa grande sœur.

Cinq années après ce drame, le garçon rejoint la guilde des aventuriers d’une ville située près de la frontière. Ce passage constitue une étape déterminante. Il ne devient pas Crève-Gobelins du jour au lendemain : il doit apprendre, observer, échouer et surtout survivre. Le préquel trouve précisément sa force dans cette construction progressive.

Le lecteur connaît évidemment le personnage qu’il deviendra. Cette connaissance donne une dimension particulière à chacune de ses expériences. Certains réflexes, certaines méthodes et cette prudence presque maladive face aux gobelins prennent davantage de sens lorsque l’on découvre les événements qui ont contribué à les façonner.

La série montre également que son obsession ne vient pas d’un désir abstrait de devenir un héros. Le jeune homme ne cherche ni la gloire ni les grandes quêtes. Son objectif est beaucoup plus personnel, né d’un traumatisme qu’il transforme progressivement en méthode de survie et en mission.

L’ambiance dark fantasy reste essentielle. Là où beaucoup d’aventuriers considèrent les gobelins comme des créatures faibles dont l’élimination constitue une tâche réservée aux débutants, le futur Crève-Gobelins sait déjà à quel point cette sous-estimation peut devenir mortelle. Ce que les autres voient comme une menace mineure représente pour lui le danger absolu.

C’est également ce décalage qui rend le personnage fascinant. Dans un monde peuplé de monstres autrement plus impressionnants, il choisit de consacrer son existence à une seule catégorie d’ennemis. Year One permet de comprendre comment cette spécialisation s’est construite, mais aussi ce qu’elle lui coûte humainement.

Kento Sakaeda conserve une mise en scène sombre et efficace, particulièrement adaptée à cet univers brutal. Les affrontements ne cherchent pas uniquement le spectaculaire : ils rappellent constamment que l’erreur peut être fatale et que la préparation reste souvent la meilleure arme.

Ce quatorzième volume confirme ainsi tout l’intérêt du préquel. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter des aventures supplémentaires à la franchise, mais de donner une histoire aux habitudes, aux silences et aux obsessions du Crève-Gobelins.

Un tome sombre et efficace qui continue de construire, étape après étape, l’homme derrière l’armure. En revenant sur ses premières années d’aventurier, Kento Sakaeda donne davantage de profondeur à un personnage dont la détermination apparaît moins comme une vocation héroïque que comme la conséquence d’une blessure qu’il n’a jamais véritablement laissée derrière lui.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDQBBCT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 230 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042018863

Pokémon Ecarlate et Violet – Tome 4 (4) de Satoshi Yamamoto

​Le combat contre les Pokémon Dominants s’engage afin de récupérer les Épices Secrètes !

Satoshi Yamamoto poursuit l’exploration de Paldea avec un quatrième tome qui accélère franchement le rythme. La recherche des Épices Secrètes conduit désormais Violet à affronter les imposants Pokémon Dominants, tandis que la Team Star continue de compliquer un parcours qui était déjà loin d’être tranquille.

Depuis son arrivée spectaculaire à l’Académie Raisin sur le dos de Miraidon, Violet ne passe pas vraiment inaperçu. Celui qui s’autoproclame le « Prince de la vitesse » possède une obsession : devenir le plus rapide. Un objectif qui correspond parfaitement à son tempérament impatient et donne au personnage une énergie communicative.

Mais cette quête de vitesse se heurte à des adversaires autrement plus imposants. La recherche des Épices Secrètes conduit à affronter les Pokémon Dominants, et le manga retrouve ici tout ce qui fait le plaisir de l’aventure Pokémon : exploration, découverte de nouvelles créatures, affrontements et progression dans un territoire rempli de surprises.

Ces combats permettent également de changer d’échelle. Les Pokémon Dominants représentent des obstacles impressionnants qui obligent les personnages à réfléchir plutôt qu’à simplement foncer tête baissée. Pour Violet, habitué à miser sur la rapidité, c’est aussi l’occasion de comprendre que certaines situations nécessitent autre chose que de franchir la ligne d’arrivée en premier.

Miraidon reste évidemment un compagnon essentiel. Sa présence renforce le lien avec l’univers de Pokémon Écarlate et Violet tout en participant directement à l’identité de cette adaptation. La relation entre le Pokémon et Violet continue de donner au récit une dynamique particulière.

En parallèle, la Team Star apporte une autre forme de menace. Excentriques et imprévisibles, ses membres viennent régulièrement perturber les projets de Violet et permettent au manga d’alterner entre combats, humour et rivalités.

Ce quatrième volume exploite ainsi efficacement les différentes intrigues proposées par l’univers de Paldea. La quête des Épices Secrètes, les Pokémon Dominants, la Team Star et les ambitions personnelles de Violet s’entrecroisent pour donner l’impression d’une aventure qui peut constamment partir dans une nouvelle direction.

Le dessin de Satoshi Yamamoto accompagne parfaitement cette énergie. Les affrontements restent lisibles et dynamiques, tandis que les expressions très marquées des personnages renforcent l’humour et la personnalité parfois excessive de Violet.

Au-delà des combats, ce tome continue surtout de construire un héros différent des protagonistes Pokémon traditionnels. Violet est sûr de lui, compétitif et parfois excessif, mais ses rencontres et les obstacles qui se dressent devant lui l’obligent progressivement à dépasser sa simple obsession de la vitesse.

Un quatrième tome dynamique et généreux en aventures, qui fait entrer la quête des Épices Secrètes dans une nouvelle phase grâce aux Pokémon Dominants. Entre les ambitions démesurées de Violet, la présence de Miraidon et les interventions de la Team Star, Satoshi Yamamoto conserve toute l’énergie et le plaisir d’exploration propres à l’univers de Paldea.

ASIN ‏ : ‎ B0GFWSVFF5 Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 182 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021955

Moi, quand je me réincarne en Slime – Trinité – tome 11 de Fuse

Découvrez les nouvelles aventures à Tempest de trois héroïnes pleines d’énergie dans ce nouveau spin-off de Moi, quand je me réincarne en Slime !

Fuse poursuit les aventures de Phos, Stella et Nemu avec un onzième tome qui profite de son arrivée au Royaume de Falmus pour jouer sur deux registres : la légèreté des préparatifs d’un grand banquet et la menace beaucoup plus sérieuse d’un complot qui se prépare dans l’ombre.

Les trois héroïnes pensaient pourtant simplement assister à la cérémonie d’intronisation de Youmu. Mais leur séjour dans la capitale prend rapidement une autre tournure lorsque Myuuran les invite au banquet organisé après l’événement. Une perspective enthousiasmante, à un détail près : encore faut-il savoir se comporter lors d’une réception officielle.

Commence alors pour Phos et Stella un apprentissage particulièrement mouvementé. Danse, bonnes manières et robes de cérémonie sont très éloignées de leurs habitudes. Les voir tenter de devenir de « parfaites ladies » offre plusieurs séquences amusantes et permet au spin-off de conserver cette tonalité chaleureuse qui repose largement sur la complicité de son trio.

Nemu se distingue davantage dans cet environnement. Son passage par l’atelier textile de Shuna lui permet de mettre à profit son expérience au moment de confectionner sa tenue. Ce qui pourrait n’être qu’une parenthèse consacrée aux préparatifs devient ainsi une manière de valoriser les compétences et la personnalité propres à chacune des trois héroïnes.

Ce changement de décor fonctionne également parce qu’il montre une autre facette de cet univers. Après les voyages et les aventures, les personnages doivent cette fois composer avec les règles d’une cour, les cérémonies et les usages sociaux. L’action laisse momentanément davantage de place aux interactions et à l’humour.

Mais cette insouciance ne pouvait évidemment pas durer. À mesure que la cérémonie approche, plusieurs individus suspects apparaissent et la possibilité d’un complot vient bouleverser l’ambiance. Derrière les festivités se cachent donc des enjeux qui pourraient directement menacer le nouvel équilibre du royaume.

Le contraste est efficace : pendant que Phos et Stella apprennent à danser et que Nemu prépare sa robe, quelqu’un semble déjà préparer quelque chose de beaucoup moins réjouissant. Cette menace progressive apporte le suspense nécessaire sans sacrifier les moments de comédie.

Ce tome 11 conserve ainsi ce qui fait le charme de Trinité. Le spin-off permet d’explorer le monde de Moi, quand je me réincarne en Slime depuis un autre point de vue, avec trois personnages qui ne se contentent pas d’assister aux événements mais vivent leurs propres aventures et développent progressivement leurs talents.

La relation entre Phos, Stella et Nemu reste surtout le véritable moteur du récit. Leurs différences provoquent des situations amusantes, mais deviennent également leur principale force lorsque les événements prennent une tournure plus dangereuse.

Un onzième tome particulièrement sympathique qui mélange avec efficacité humour, élégance et suspense. Entre cours de danse, confection de robes, cérémonie royale et mystérieux complot, Phos, Stella et Nemu prouvent une nouvelle fois qu’elles peuvent aussi bien semer la pagaille lors d’un banquet que se retrouver au cœur des grands événements de cet univers.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDHJ1PK Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021856

Ippo Saison 6 – Tome 35 de George Morikawa

Vous l’attendiez tous ! Mesdames et messieurs, sous vos applaudissements, le champion poids plume du Japon remonte sur le ring pour une sixième saison ! IPPO MAAKUNOUCHIIII !

George Morikawa continue de faire monter la pression avant l’un des affrontements les plus attendus de cette sixième saison. Dans ce tome 35, le combat entre Ricardo et Sendô commence bien avant que les deux boxeurs ne montent réellement sur le ring. Préparation physique, appréhension et conséquences des précédents combats occupent ainsi une place essentielle.

La situation de Mashiba pèse lourdement sur les personnages. Après sa défaite, son état critique provoque notamment un nouvel éloignement entre Ippo et Kumi. Leur relation, déjà complexe, se retrouve une nouvelle fois fragilisée par les conséquences de la boxe. George Morikawa rappelle ainsi que chaque affrontement dépasse largement les quelques minutes passées sur le ring : les blessures touchent également les proches et peuvent modifier durablement les relations.

Cette dimension intime contraste avec l’immense défi qui attend Sendô. Le boxeur doit se préparer à affronter Ricardo pour le titre mondial, et pour la première fois peut-être, son enthousiasme habituel laisse davantage de place à l’appréhension. Il sait parfaitement quel adversaire se trouve devant lui.

Ricardo reste en effet cette figure presque inaccessible qui domine la catégorie. Sa présence suffit à installer une tension particulière et la préparation du champion renforce encore cette impression. Arrivé à Osaka deux semaines avant le combat afin de s’adapter à l’été japonais, il ne laisse absolument rien au hasard.

Le choix de son sparring-partner constitue alors l’une des grandes curiosités de ce volume. Derrière cette décision se dessine toute l’intelligence d’un champion qui ne compte pas uniquement sur son talent. Ricardo étudie, anticipe et prépare son corps comme son esprit à ce que Sendô pourra lui opposer.

De son côté, Sendô doit affronter une épreuve autant mentale que physique. Son style repose beaucoup sur son instinct, sa puissance et sa capacité à imposer une pression constante. Mais face à un champion d’un tel niveau, la seule détermination peut-elle réellement suffire ?

C’est là que Morikawa excelle toujours autant. Il sait transformer la préparation d’un combat en véritable affrontement psychologique. Les entraînements, les sparrings et les discussions deviennent autant de moyens d’évaluer les forces en présence avant même le premier coup de gong.

Ippo demeure évidemment au cœur de cet univers, même lorsqu’il n’est pas celui qui doit combattre. Ce qu’il observe chez Sendô, Ricardo ou Mashiba continue de nourrir son propre rapport à la boxe. Chaque grand affrontement auquel il assiste semble réveiller quelque chose chez l’ancien champion.

Ce tome insiste également sur le prix payé par ceux qui choisissent le ring. L’état de Mashiba en constitue le rappel le plus brutal, tandis que Sendô se prépare volontairement à affronter un adversaire que beaucoup considèrent comme presque intouchable. La passion de la boxe côtoie constamment la conscience du danger.

Après tant de volumes, George Morikawa réussit encore à créer de l’attente sans avoir besoin de précipiter les combats. Ici, l’avant-match devient presque aussi important que l’affrontement lui-même, car chaque détail peut prendre une importance décisive une fois les deux hommes face à face.

Un tome particulièrement tendu qui prépare méthodiquement le choc entre Sendô et Ricardo tout en poursuivant les conséquences dramatiques du combat de Mashiba. Entre inquiétude, préparation et rivalités, George Morikawa rappelle que dans Ippo, les plus grands combats commencent toujours bien avant de monter sur le ring.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDMC6SW Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 183 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021498

Goblin Slayer – Tome 17 de Kumo Kagyu

 » Je ne sauve pas le monde. Je ne fais que tuer des gobelins. « 

Kumo Kagyu poursuit les aventures du Crève-gobelins avec un dix-septième tome qui commence presque comme une parenthèse après l’affrontement contre le grand serpent de mer. Mais dans Goblin Slayer, le repos n’est jamais destiné à durer très longtemps, et une nouvelle mission vient rapidement remettre toute l’équipe sur les routes.

De retour à la guilde, le groupe reçoit une demande directement formulée par la Vierge à l’épée. Leur mission consiste à l’escorter jusqu’à la capitale. Une tâche qui pourrait sembler relativement classique pour des aventuriers aussi expérimentés, mais la présence des gobelins ne tarde évidemment pas à se faire sentir.

Ce déplacement permet surtout à Kumo Kagyu de changer momentanément de décor. Une fois la Vierge à l’épée arrivée saine et sauve, les membres du groupe se séparent et profitent chacun à leur manière de la capitale. Cette respiration apporte une tonalité différente et permet de retrouver les personnages en dehors des combats qui rythment habituellement leur quotidien.

La Prêtresse part notamment aux bains publics avec l’Archère elfe. Mais ce qui devait être un simple moment de détente prend une tournure beaucoup plus inquiétante lorsqu’une inconnue lui dérobe l’intégralité de son équipement.

L’incident pourrait sembler anodin, presque comique. Pourtant, la perte de son équipement place immédiatement la Prêtresse dans une situation de vulnérabilité inhabituelle. Dans un univers où chaque objet peut devenir indispensable à la survie, perdre ses affaires ne signifie pas seulement devoir remplacer quelques possessions.

Kumo Kagyu utilise ainsi un événement relativement banal pour déclencher une intrigue dont les conséquences vont rapidement dépasser ce que les personnages pouvaient imaginer. La série reste fidèle à cette manière de faire surgir le danger depuis les endroits les plus inattendus.

Ce tome permet également de mesurer l’évolution de la Prêtresse. Depuis ses débuts aux côtés du Crève-gobelins, elle a accumulé les expériences et gagné en assurance. La confronter à une situation où elle ne peut plus simplement compter sur son équipement constitue donc une nouvelle étape intéressante dans son parcours.

Le Crève-gobelins, de son côté, demeure fidèle à lui-même. Peu importe la capitale, les intrigues qui l’entourent ou l’importance des personnes qui lui confient une mission : sa priorité reste toujours la menace représentée par les gobelins. Cette obstination pourrait sembler répétitive, mais elle constitue précisément l’identité du personnage et la cohérence de la série.

L’arrivée dans la capitale permet parallèlement d’élargir une nouvelle fois l’univers. Après de nombreux affrontements dans des villages, des grottes ou des territoires reculés, ce décor rappelle que la menace peut également se rapprocher des centres de pouvoir et des lieux que l’on pourrait croire davantage protégés.

Comme à son habitude, ce dix-septième volume combine ainsi aventure, moments plus légers et montée progressive du danger. Le vol subi par la Prêtresse devient le point de départ d’une situation beaucoup plus importante, tandis que l’ombre des gobelins continue de suivre le groupe jusque dans la capitale.

La présence d’une nouvelle inédite de Kumo Kagyu en fin de volume vient enfin prolonger l’expérience et constitue un complément appréciable pour les lecteurs qui souhaitent explorer davantage cet univers.

Un tome 17 qui commence comme une respiration avant de rappeler rapidement que le danger n’est jamais très loin. En déplaçant son groupe vers la capitale et en plaçant la Prêtresse au centre d’un incident aux conséquences inattendues, Kumo Kagyu renouvelle le décor tout en conservant ce qui fait l’efficacité de Goblin Slayer : derrière chaque moment de calme peut déjà se cacher la prochaine menace.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDPWPJT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 214 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021450

Moscow 2160 – Tome 4 de Kumo Kagyu

Bienvenue dans cette dystopie cyberpunk ! Vous êtes à Moscou, ravagé par les gangs et les cyborgs.

Kumo Kagyu poursuit son exploration d’un Moscou alternatif avec un quatrième tome qui plonge encore davantage Danila Kouraguine dans les rouages politiques et criminels d’une Union soviétique qui n’a jamais disparu. Dans cet univers où la guerre froide dure depuis deux siècles, les rues appartiennent aux gangs, aux cyborgs et à ceux qui disposent de suffisamment de puissance pour imposer leurs propres règles.

Au milieu de cette débauche technologique, Danila reste une anomalie. Le jeune nettoyeur ne possède aucune greffe mécanique et continue d’utiliser un pistolet-mitrailleur qui semble appartenir à une autre époque. Une apparente faiblesse dans un monde où chacun améliore son corps pour survivre, mais aussi ce qui contribue à rendre le personnage aussi singulier.

Cette fois, la mission dépasse largement les contrats auxquels il est habitué. Un officier soviétique envisage de passer à l’Ouest en emportant avec lui un secret militaire. Danila reçoit une proposition aussi simple à formuler que dangereuse à exécuter : éliminer l’homme avant qu’il puisse transmettre ce qu’il sait.

Le problème est que cet officier connaît Stasia. La jeune femme se retrouve donc directement impliquée dans une affaire qui pourrait rapidement la dépasser. Pour Danila, le choix devient presque inexistant : s’il veut la protéger, il doit accepter une mission dont il sait parfaitement qu’elle n’est pas destinée à un simple nettoyeur.

Cette dimension personnelle renforce efficacement les enjeux du tome. Danila n’agit plus uniquement pour remplir un contrat ou assurer sa propre survie. Protéger Stasia lui donne quelque chose à perdre, ce qui rend chacune de ses décisions beaucoup plus dangereuse.

Le manga continue parallèlement d’exploiter avec efficacité son uchronie cyberpunk. Imaginer une Union soviétique ayant survécu jusqu’en 2160 permet de mélanger les symboles et les tensions hérités de la guerre froide avec les codes classiques du genre : augmentation mécanique, violence urbaine, surveillance, trafics et corps transformés par la technologie.

Danila offre justement un contrepoint intéressant à cet univers. Entouré d’hommes équipés de prothèses et d’armures, il reste presque entièrement humain. Sa vulnérabilité oblige le personnage à compter davantage sur son expérience, son instinct et sa capacité à anticiper les dangers que sur une supériorité technologique.

Ce quatrième tome accentue également l’impression d’un monde où la frontière entre pouvoir politique et criminalité devient particulièrement fragile. Espionnage, secrets militaires, défection et assassinat se mélangent aux affaires des rues, tandis que Danila découvre qu’accepter un contrat peut suffire à se retrouver au centre d’enjeux qui le dépassent complètement.

L’atmosphère reste l’une des grandes forces de Moscow 2160. Ce futur n’a rien d’une promesse de progrès. Les technologies se perfectionnent, les corps peuvent être améliorés, mais la société demeure enfermée dans les mêmes logiques de violence, de contrôle et de confrontation.

Kumo Kagyu développe ainsi un héros presque anachronique au milieu d’un futur saturé de machines. Et plus les adversaires deviennent puissants, plus l’absence d’améliorations mécaniques de Danila renforce paradoxalement son identité.

Un quatrième tome sombre et nerveux qui mêle efficacement cyberpunk, espionnage et uchronie. En plaçant Stasia au cœur d’une mission impliquant un officier prêt à passer à l’Ouest et un secret militaire, Kumo Kagyu fait monter les enjeux tout en renforçant la dimension humaine de Danila. Dans ce Moscou de 2160 où presque tout le monde cherche à devenir plus qu’humain, le personnage le plus dangereux pourrait bien rester celui qui refuse encore de devenir une machine.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDPB2VW Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 201 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021634

Ducobu et le fantôme de Saint-Potache De Elie Semoun | Par Guy Laurent, Elie Semoun Avec Charlie Garnier Naslin, Elie Semoun, Émilie Caen

C’est Halloween, et Ducobu revient pour une aventure pleine de rires et de mystères ! Le professeur Latouche et Mademoiselle Rateau emménagent dans une maison… hantée par le ​ fantôme d’Anatole, le plus grand cancre de l’histoire de l’école Saint-Potache. Ce fantôme farceur va entraîner Ducobu, Léonie, leurs parents et Kitrish dans une série de péripéties ​ aussi drôles qu’inattendues. Mais attention : à Halloween, tout peut arriver…

Ducobu et le fantôme de Saint-Potache ajoute une bonne dose de surnaturel à la recette désormais bien connue de la saga. Élie Semoun profite d’Halloween pour abandonner momentanément les seules guerres de triche entre Ducobu et Latouche et transformer Saint-Potache en terrain de jeu fantastique, entre maison hantée, apparitions et mauvais tours.

Cette fois, l’aventure commence loin des traditionnelles interrogations écrites. Le professeur Latouche et Mademoiselle Rateau emménagent dans une nouvelle maison qui possède une particularité plutôt embarrassante : elle est hantée.

Son occupant invisible n’est d’ailleurs pas totalement étranger à l’univers de l’école. Anatole fut autrefois le plus grand cancre de toute l’histoire de Saint-Potache. Autant dire que Ducobu vient peut-être de rencontrer son maître.

Cette idée constitue le principal ressort du film. Plutôt que d’introduire un fantôme réellement terrifiant, Élie Semoun imagine une sorte d’ancêtre spirituel de Ducobu. Anatole partage son goût pour les farces, sa résistance à l’autorité et une imagination particulièrement fertile lorsqu’il s’agit de semer le désordre.

Le fantastique permet ainsi de renouveler légèrement les situations sans dénaturer l’identité de la franchise. Les portes qui claquent, les apparitions et les phénomènes inexplicables deviennent autant d’occasions de pousser Latouche dans ses retranchements.

Élie Semoun retrouve d’ailleurs son professeur avec la même énergie. Latouche reste ce mélange de rigidité, de mauvaise foi et de fragilité qui en fait l’un des moteurs comiques de la saga. Le confronter à un adversaire qu’il ne peut ni mettre au tableau ni envoyer chez le directeur offre naturellement quelques situations réjouissantes.

Émilie Caen conserve de son côté toute la fantaisie de Mademoiselle Rateau. Le déménagement du couple permet également de déplacer une partie de l’action hors de l’école et de donner davantage de place à leur relation.

Charlie Garnier Naslin apporte à Ducobu l’insolence nécessaire sans oublier la dimension attachante du personnage. Face à Anatole, le jeune cancre découvre surtout quelqu’un qui pousse sa propre philosophie beaucoup plus loin. Leur rencontre fonctionne alors comme un amusant passage de relais entre deux générations de spécialistes de la catastrophe scolaire.

Léonie, Kitrish et les parents viennent progressivement rejoindre cette aventure collective. Le film prend alors des allures de chasse au fantôme familiale où chacun possède évidemment sa propre manière de réagir aux événements surnaturels.

Le scénario de Guy Laurent et Élie Semoun reste fidèle au public visé. Les gags sont nombreux, les situations volontairement exagérées et l’univers horrifique demeure suffisamment léger pour rester accessible aux plus jeunes. Halloween sert davantage de prétexte à une grande récréation fantastique qu’à provoquer de véritables frissons.

Cette simplicité constitue à la fois la qualité et la limite du film. Ceux qui connaissent déjà la saga retrouveront une mécanique familière : Latouche s’énerve, Ducobu improvise, les adultes perdent le contrôle et une nouvelle catastrophe entraîne la suivante. Le surnaturel apporte une variation bienvenue, sans bouleverser profondément la formule.

Mais Ducobu n’a jamais prétendu rechercher la sophistication. La série repose sur ses personnages, son humour très direct et cette opposition éternelle entre l’institution scolaire et l’imagination débordante de son plus célèbre cancre.

En faisant apparaître Anatole, le film trouve même une jolie idée derrière ses plaisanteries : Ducobu découvre qu’il existait des cancres bien avant lui et qu’il en existera probablement encore longtemps après.

Drôle, rythmé et parfaitement calibré pour son jeune public, Ducobu et le fantôme de Saint-Potache profite intelligemment d’Halloween pour apporter un peu de fantastique à une formule désormais bien rodée. Élie Semoun reste particulièrement efficace en Latouche dépassé par des événements qu’aucun règlement scolaire ne peut résoudre, tandis que l’arrivée d’Anatole offre à Ducobu un amusant alter ego venu du passé. Rien de révolutionnaire au programme, mais une aventure familiale généreuse qui devrait largement remplir sa mission pendant les vacances : faire rire les enfants en transformant Saint-Potache en joyeuse maison hantée.

2:22 A Ghost Story : quand Louane nous entraîne jusqu’au bout de la nuit

Après avoir conquis Londres et connu de nombreuses adaptations à travers le monde, 2:22 A Ghost Story pose ses valises au Théâtre Fontaine. Porté par Louane Emera, Guillaume Labbé, Constance Dollé et Valentin de Carbonnières, ce thriller surnaturel imaginé par Danny Robins joue avec nos certitudes et nos peurs les plus profondes. Une mécanique théâtrale particulièrement efficace, dont il serait criminel de révéler le dénouement.

Il est 2h22. Toutes les nuits, à la même heure, Jeanne entend quelque chose dans sa maison.

Depuis qu’elle s’y est installée avec Sam et leur bébé, elle en est convaincue : ils ne sont pas seuls. Quelque chose rôde entre ces murs. Une présence ? Un fantôme ? Ou simplement le fruit de l’imagination d’une jeune mère épuisée ?

Sam, astrophysicien profondément cartésien, ne veut évidemment rien entendre. Pour lui, tout phénomène possède une explication rationnelle. Mais lorsqu’un couple d’amis, Laura et Ben, vient dîner chez eux, la soirée va progressivement se transformer en véritable confrontation entre croyance et raison.

Une seule solution pour savoir qui a raison : rester éveillés jusqu’à 2h22.

La peur naît de l’attente

La grande réussite de 2:22 A Ghost Story tient moins dans ce que la pièce montre que dans ce qu’elle nous laisse imaginer.

Danny Robins reprend les codes classiques de l’histoire de maison hantée pour mieux construire un huis clos psychologique. Ici, pas besoin d’une débauche d’effets spectaculaires : une lumière, un bruit, un silence légèrement trop long suffisent à installer le doute.

Ladislas Chollat, qui signe la mise en scène ainsi que l’adaptation française avec Léonard Matton, comprend parfaitement cette mécanique. La scénographie d’Emmanuelle Roy transforme la maison en cinquième personnage. Elle paraît familière, presque rassurante, mais devient progressivement un espace dont on observe chaque recoin avec méfiance.

Le travail sonore d’Alain Roy et les lumières d’Alban Sauvé participent énormément à cette montée de la tension. Le spectacle sait provoquer quelques véritables sursauts, mais il évite de reposer uniquement sur eux. Le plus inquiétant reste cette attente permanente : que va-t-il se passer à 2h22 ?

Louane surprend dans un registre plus sombre

Au centre du spectacle, Louane Emera hérite d’un rôle particulièrement exposé avec Jeanne. Elle doit immédiatement nous faire accepter la peur de son personnage sans que celle-ci ne bascule dans l’hystérie ou la caricature.

Et elle s’en sort avec beaucoup de justesse.

Sa Jeanne est fragile sans être faible, inquiète mais déterminée. Plus Sam cherche à rationaliser ce qu’elle ressent, plus son isolement devient palpable. Louane apporte au personnage une vulnérabilité qui fonctionne particulièrement bien dans les moments les plus intimes.

Face à elle, Guillaume Labbé campe un Sam sûr de ses raisonnements, parfois agaçant dans son besoin permanent de trouver une explication logique. Leur opposition constitue l’un des moteurs du spectacle : derrière l’histoire de fantômes se dessine aussi celle d’un couple qui ne parvient plus vraiment à s’écouter.

Constance Dollé et Valentin de Carbonnières complètent efficacement ce quatuor. L’arrivée de Laura et Ben permet surtout à la pièce de multiplier les points de vue. Chacun possède sa propre relation au surnaturel, à la peur et à la mort, donnant lieu à des échanges souvent drôles avant que l’atmosphère ne se fasse beaucoup moins légère.

Croire ou ne pas croire ?

C’est finalement là que 2:22 A Ghost Story devient plus intéressante qu’une simple histoire de fantômes.

Pendant près de deux heures, la pièce nous demande constamment de choisir notre camp. Faut-il croire Jeanne ? Sam a-t-il raison de chercher une explication scientifique ? Les manifestations surnaturelles existent-elles réellement ou voulons-nous simplement y croire parce qu’elles donnent un sens à ce que nous ne comprenons pas ?

Chaque personnage apporte ses certitudes, mais Danny Robins prend un malin plaisir à les fragiliser.

Le spectateur devient alors lui aussi enquêteur. On observe le décor, on écoute les conversations différemment, on cherche l’indice qui aurait pu nous échapper. Et plus l’heure fatidique approche, plus la tension augmente.

Puis arrive 2h22.

Nous n’en dirons évidemment rien.

Car le plaisir du spectacle repose largement sur sa dernière partie et sur la manière dont celle-ci oblige à reconsidérer ce que l’on vient de voir. Certaines scènes, certains dialogues et certains comportements prennent soudain une autre dimension.

Un thriller théâtral particulièrement efficace

Après sept saisons à Londres, une importante tournée britannique et irlandaise et de multiples productions internationales, on comprend facilement pourquoi 2:22 A Ghost Story a rencontré un tel succès.

La pièce possède cette efficacité presque cinématographique des bons thrillers populaires : un lieu unique, quatre personnages, un mystère immédiatement compréhensible et un compte à rebours que le public peut suivre.

Tout n’est pas constamment terrifiant et quelques échanges pourraient parfois gagner à être resserrés, mais la mécanique fonctionne. On rit, on doute, on guette le prochain bruit et, surtout, on veut connaître la vérité.

Avec cette adaptation française portée par un quatuor convaincant et une mise en scène qui sait parfaitement jouer avec les nerfs du public, 2:22 A Ghost Story réussit son arrivée parisienne. Un thriller surnaturel accessible et prenant, à découvrir en évitant soigneusement les spoilers.

Informations pratiques

2:22 A Ghost Story, une pièce de Danny Robins, mise en scène par Ladislas Chollat, dans une traduction et adaptation de Léonard Matton et Ladislas Chollat.

Avec Louane Emera, Guillaume Labbé, Valentin de Carbonnières et Constance Dollé.

📍 Théâtre Fontaine – 10 rue Pierre Fontaine, Paris 9e
📅 À partir du 15 septembre 2026
⏱ Durée : environ 1h50