Moi, quand je me réincarne en Slime – Trinité – tome 11 de Fuse

Découvrez les nouvelles aventures à Tempest de trois héroïnes pleines d’énergie dans ce nouveau spin-off de Moi, quand je me réincarne en Slime !

Fuse poursuit les aventures de Phos, Stella et Nemu avec un onzième tome qui profite de son arrivée au Royaume de Falmus pour jouer sur deux registres : la légèreté des préparatifs d’un grand banquet et la menace beaucoup plus sérieuse d’un complot qui se prépare dans l’ombre.

Les trois héroïnes pensaient pourtant simplement assister à la cérémonie d’intronisation de Youmu. Mais leur séjour dans la capitale prend rapidement une autre tournure lorsque Myuuran les invite au banquet organisé après l’événement. Une perspective enthousiasmante, à un détail près : encore faut-il savoir se comporter lors d’une réception officielle.

Commence alors pour Phos et Stella un apprentissage particulièrement mouvementé. Danse, bonnes manières et robes de cérémonie sont très éloignées de leurs habitudes. Les voir tenter de devenir de « parfaites ladies » offre plusieurs séquences amusantes et permet au spin-off de conserver cette tonalité chaleureuse qui repose largement sur la complicité de son trio.

Nemu se distingue davantage dans cet environnement. Son passage par l’atelier textile de Shuna lui permet de mettre à profit son expérience au moment de confectionner sa tenue. Ce qui pourrait n’être qu’une parenthèse consacrée aux préparatifs devient ainsi une manière de valoriser les compétences et la personnalité propres à chacune des trois héroïnes.

Ce changement de décor fonctionne également parce qu’il montre une autre facette de cet univers. Après les voyages et les aventures, les personnages doivent cette fois composer avec les règles d’une cour, les cérémonies et les usages sociaux. L’action laisse momentanément davantage de place aux interactions et à l’humour.

Mais cette insouciance ne pouvait évidemment pas durer. À mesure que la cérémonie approche, plusieurs individus suspects apparaissent et la possibilité d’un complot vient bouleverser l’ambiance. Derrière les festivités se cachent donc des enjeux qui pourraient directement menacer le nouvel équilibre du royaume.

Le contraste est efficace : pendant que Phos et Stella apprennent à danser et que Nemu prépare sa robe, quelqu’un semble déjà préparer quelque chose de beaucoup moins réjouissant. Cette menace progressive apporte le suspense nécessaire sans sacrifier les moments de comédie.

Ce tome 11 conserve ainsi ce qui fait le charme de Trinité. Le spin-off permet d’explorer le monde de Moi, quand je me réincarne en Slime depuis un autre point de vue, avec trois personnages qui ne se contentent pas d’assister aux événements mais vivent leurs propres aventures et développent progressivement leurs talents.

La relation entre Phos, Stella et Nemu reste surtout le véritable moteur du récit. Leurs différences provoquent des situations amusantes, mais deviennent également leur principale force lorsque les événements prennent une tournure plus dangereuse.

Un onzième tome particulièrement sympathique qui mélange avec efficacité humour, élégance et suspense. Entre cours de danse, confection de robes, cérémonie royale et mystérieux complot, Phos, Stella et Nemu prouvent une nouvelle fois qu’elles peuvent aussi bien semer la pagaille lors d’un banquet que se retrouver au cœur des grands événements de cet univers.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDHJ1PK Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021856

Ippo Saison 6 – Tome 35 de George Morikawa

Vous l’attendiez tous ! Mesdames et messieurs, sous vos applaudissements, le champion poids plume du Japon remonte sur le ring pour une sixième saison ! IPPO MAAKUNOUCHIIII !

George Morikawa continue de faire monter la pression avant l’un des affrontements les plus attendus de cette sixième saison. Dans ce tome 35, le combat entre Ricardo et Sendô commence bien avant que les deux boxeurs ne montent réellement sur le ring. Préparation physique, appréhension et conséquences des précédents combats occupent ainsi une place essentielle.

La situation de Mashiba pèse lourdement sur les personnages. Après sa défaite, son état critique provoque notamment un nouvel éloignement entre Ippo et Kumi. Leur relation, déjà complexe, se retrouve une nouvelle fois fragilisée par les conséquences de la boxe. George Morikawa rappelle ainsi que chaque affrontement dépasse largement les quelques minutes passées sur le ring : les blessures touchent également les proches et peuvent modifier durablement les relations.

Cette dimension intime contraste avec l’immense défi qui attend Sendô. Le boxeur doit se préparer à affronter Ricardo pour le titre mondial, et pour la première fois peut-être, son enthousiasme habituel laisse davantage de place à l’appréhension. Il sait parfaitement quel adversaire se trouve devant lui.

Ricardo reste en effet cette figure presque inaccessible qui domine la catégorie. Sa présence suffit à installer une tension particulière et la préparation du champion renforce encore cette impression. Arrivé à Osaka deux semaines avant le combat afin de s’adapter à l’été japonais, il ne laisse absolument rien au hasard.

Le choix de son sparring-partner constitue alors l’une des grandes curiosités de ce volume. Derrière cette décision se dessine toute l’intelligence d’un champion qui ne compte pas uniquement sur son talent. Ricardo étudie, anticipe et prépare son corps comme son esprit à ce que Sendô pourra lui opposer.

De son côté, Sendô doit affronter une épreuve autant mentale que physique. Son style repose beaucoup sur son instinct, sa puissance et sa capacité à imposer une pression constante. Mais face à un champion d’un tel niveau, la seule détermination peut-elle réellement suffire ?

C’est là que Morikawa excelle toujours autant. Il sait transformer la préparation d’un combat en véritable affrontement psychologique. Les entraînements, les sparrings et les discussions deviennent autant de moyens d’évaluer les forces en présence avant même le premier coup de gong.

Ippo demeure évidemment au cœur de cet univers, même lorsqu’il n’est pas celui qui doit combattre. Ce qu’il observe chez Sendô, Ricardo ou Mashiba continue de nourrir son propre rapport à la boxe. Chaque grand affrontement auquel il assiste semble réveiller quelque chose chez l’ancien champion.

Ce tome insiste également sur le prix payé par ceux qui choisissent le ring. L’état de Mashiba en constitue le rappel le plus brutal, tandis que Sendô se prépare volontairement à affronter un adversaire que beaucoup considèrent comme presque intouchable. La passion de la boxe côtoie constamment la conscience du danger.

Après tant de volumes, George Morikawa réussit encore à créer de l’attente sans avoir besoin de précipiter les combats. Ici, l’avant-match devient presque aussi important que l’affrontement lui-même, car chaque détail peut prendre une importance décisive une fois les deux hommes face à face.

Un tome particulièrement tendu qui prépare méthodiquement le choc entre Sendô et Ricardo tout en poursuivant les conséquences dramatiques du combat de Mashiba. Entre inquiétude, préparation et rivalités, George Morikawa rappelle que dans Ippo, les plus grands combats commencent toujours bien avant de monter sur le ring.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDMC6SW Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 183 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021498

Goblin Slayer – Tome 17 de Kumo Kagyu

 » Je ne sauve pas le monde. Je ne fais que tuer des gobelins. « 

Kumo Kagyu poursuit les aventures du Crève-gobelins avec un dix-septième tome qui commence presque comme une parenthèse après l’affrontement contre le grand serpent de mer. Mais dans Goblin Slayer, le repos n’est jamais destiné à durer très longtemps, et une nouvelle mission vient rapidement remettre toute l’équipe sur les routes.

De retour à la guilde, le groupe reçoit une demande directement formulée par la Vierge à l’épée. Leur mission consiste à l’escorter jusqu’à la capitale. Une tâche qui pourrait sembler relativement classique pour des aventuriers aussi expérimentés, mais la présence des gobelins ne tarde évidemment pas à se faire sentir.

Ce déplacement permet surtout à Kumo Kagyu de changer momentanément de décor. Une fois la Vierge à l’épée arrivée saine et sauve, les membres du groupe se séparent et profitent chacun à leur manière de la capitale. Cette respiration apporte une tonalité différente et permet de retrouver les personnages en dehors des combats qui rythment habituellement leur quotidien.

La Prêtresse part notamment aux bains publics avec l’Archère elfe. Mais ce qui devait être un simple moment de détente prend une tournure beaucoup plus inquiétante lorsqu’une inconnue lui dérobe l’intégralité de son équipement.

L’incident pourrait sembler anodin, presque comique. Pourtant, la perte de son équipement place immédiatement la Prêtresse dans une situation de vulnérabilité inhabituelle. Dans un univers où chaque objet peut devenir indispensable à la survie, perdre ses affaires ne signifie pas seulement devoir remplacer quelques possessions.

Kumo Kagyu utilise ainsi un événement relativement banal pour déclencher une intrigue dont les conséquences vont rapidement dépasser ce que les personnages pouvaient imaginer. La série reste fidèle à cette manière de faire surgir le danger depuis les endroits les plus inattendus.

Ce tome permet également de mesurer l’évolution de la Prêtresse. Depuis ses débuts aux côtés du Crève-gobelins, elle a accumulé les expériences et gagné en assurance. La confronter à une situation où elle ne peut plus simplement compter sur son équipement constitue donc une nouvelle étape intéressante dans son parcours.

Le Crève-gobelins, de son côté, demeure fidèle à lui-même. Peu importe la capitale, les intrigues qui l’entourent ou l’importance des personnes qui lui confient une mission : sa priorité reste toujours la menace représentée par les gobelins. Cette obstination pourrait sembler répétitive, mais elle constitue précisément l’identité du personnage et la cohérence de la série.

L’arrivée dans la capitale permet parallèlement d’élargir une nouvelle fois l’univers. Après de nombreux affrontements dans des villages, des grottes ou des territoires reculés, ce décor rappelle que la menace peut également se rapprocher des centres de pouvoir et des lieux que l’on pourrait croire davantage protégés.

Comme à son habitude, ce dix-septième volume combine ainsi aventure, moments plus légers et montée progressive du danger. Le vol subi par la Prêtresse devient le point de départ d’une situation beaucoup plus importante, tandis que l’ombre des gobelins continue de suivre le groupe jusque dans la capitale.

La présence d’une nouvelle inédite de Kumo Kagyu en fin de volume vient enfin prolonger l’expérience et constitue un complément appréciable pour les lecteurs qui souhaitent explorer davantage cet univers.

Un tome 17 qui commence comme une respiration avant de rappeler rapidement que le danger n’est jamais très loin. En déplaçant son groupe vers la capitale et en plaçant la Prêtresse au centre d’un incident aux conséquences inattendues, Kumo Kagyu renouvelle le décor tout en conservant ce qui fait l’efficacité de Goblin Slayer : derrière chaque moment de calme peut déjà se cacher la prochaine menace.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDPWPJT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 214 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021450

Moscow 2160 – Tome 4 de Kumo Kagyu

Bienvenue dans cette dystopie cyberpunk ! Vous êtes à Moscou, ravagé par les gangs et les cyborgs.

Kumo Kagyu poursuit son exploration d’un Moscou alternatif avec un quatrième tome qui plonge encore davantage Danila Kouraguine dans les rouages politiques et criminels d’une Union soviétique qui n’a jamais disparu. Dans cet univers où la guerre froide dure depuis deux siècles, les rues appartiennent aux gangs, aux cyborgs et à ceux qui disposent de suffisamment de puissance pour imposer leurs propres règles.

Au milieu de cette débauche technologique, Danila reste une anomalie. Le jeune nettoyeur ne possède aucune greffe mécanique et continue d’utiliser un pistolet-mitrailleur qui semble appartenir à une autre époque. Une apparente faiblesse dans un monde où chacun améliore son corps pour survivre, mais aussi ce qui contribue à rendre le personnage aussi singulier.

Cette fois, la mission dépasse largement les contrats auxquels il est habitué. Un officier soviétique envisage de passer à l’Ouest en emportant avec lui un secret militaire. Danila reçoit une proposition aussi simple à formuler que dangereuse à exécuter : éliminer l’homme avant qu’il puisse transmettre ce qu’il sait.

Le problème est que cet officier connaît Stasia. La jeune femme se retrouve donc directement impliquée dans une affaire qui pourrait rapidement la dépasser. Pour Danila, le choix devient presque inexistant : s’il veut la protéger, il doit accepter une mission dont il sait parfaitement qu’elle n’est pas destinée à un simple nettoyeur.

Cette dimension personnelle renforce efficacement les enjeux du tome. Danila n’agit plus uniquement pour remplir un contrat ou assurer sa propre survie. Protéger Stasia lui donne quelque chose à perdre, ce qui rend chacune de ses décisions beaucoup plus dangereuse.

Le manga continue parallèlement d’exploiter avec efficacité son uchronie cyberpunk. Imaginer une Union soviétique ayant survécu jusqu’en 2160 permet de mélanger les symboles et les tensions hérités de la guerre froide avec les codes classiques du genre : augmentation mécanique, violence urbaine, surveillance, trafics et corps transformés par la technologie.

Danila offre justement un contrepoint intéressant à cet univers. Entouré d’hommes équipés de prothèses et d’armures, il reste presque entièrement humain. Sa vulnérabilité oblige le personnage à compter davantage sur son expérience, son instinct et sa capacité à anticiper les dangers que sur une supériorité technologique.

Ce quatrième tome accentue également l’impression d’un monde où la frontière entre pouvoir politique et criminalité devient particulièrement fragile. Espionnage, secrets militaires, défection et assassinat se mélangent aux affaires des rues, tandis que Danila découvre qu’accepter un contrat peut suffire à se retrouver au centre d’enjeux qui le dépassent complètement.

L’atmosphère reste l’une des grandes forces de Moscow 2160. Ce futur n’a rien d’une promesse de progrès. Les technologies se perfectionnent, les corps peuvent être améliorés, mais la société demeure enfermée dans les mêmes logiques de violence, de contrôle et de confrontation.

Kumo Kagyu développe ainsi un héros presque anachronique au milieu d’un futur saturé de machines. Et plus les adversaires deviennent puissants, plus l’absence d’améliorations mécaniques de Danila renforce paradoxalement son identité.

Un quatrième tome sombre et nerveux qui mêle efficacement cyberpunk, espionnage et uchronie. En plaçant Stasia au cœur d’une mission impliquant un officier prêt à passer à l’Ouest et un secret militaire, Kumo Kagyu fait monter les enjeux tout en renforçant la dimension humaine de Danila. Dans ce Moscou de 2160 où presque tout le monde cherche à devenir plus qu’humain, le personnage le plus dangereux pourrait bien rester celui qui refuse encore de devenir une machine.

ASIN ‏ : ‎ B0GXDPB2VW Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 201 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021634

Ducobu et le fantôme de Saint-Potache De Elie Semoun | Par Guy Laurent, Elie Semoun Avec Charlie Garnier Naslin, Elie Semoun, Émilie Caen

C’est Halloween, et Ducobu revient pour une aventure pleine de rires et de mystères ! Le professeur Latouche et Mademoiselle Rateau emménagent dans une maison… hantée par le ​ fantôme d’Anatole, le plus grand cancre de l’histoire de l’école Saint-Potache. Ce fantôme farceur va entraîner Ducobu, Léonie, leurs parents et Kitrish dans une série de péripéties ​ aussi drôles qu’inattendues. Mais attention : à Halloween, tout peut arriver…

Ducobu et le fantôme de Saint-Potache ajoute une bonne dose de surnaturel à la recette désormais bien connue de la saga. Élie Semoun profite d’Halloween pour abandonner momentanément les seules guerres de triche entre Ducobu et Latouche et transformer Saint-Potache en terrain de jeu fantastique, entre maison hantée, apparitions et mauvais tours.

Cette fois, l’aventure commence loin des traditionnelles interrogations écrites. Le professeur Latouche et Mademoiselle Rateau emménagent dans une nouvelle maison qui possède une particularité plutôt embarrassante : elle est hantée.

Son occupant invisible n’est d’ailleurs pas totalement étranger à l’univers de l’école. Anatole fut autrefois le plus grand cancre de toute l’histoire de Saint-Potache. Autant dire que Ducobu vient peut-être de rencontrer son maître.

Cette idée constitue le principal ressort du film. Plutôt que d’introduire un fantôme réellement terrifiant, Élie Semoun imagine une sorte d’ancêtre spirituel de Ducobu. Anatole partage son goût pour les farces, sa résistance à l’autorité et une imagination particulièrement fertile lorsqu’il s’agit de semer le désordre.

Le fantastique permet ainsi de renouveler légèrement les situations sans dénaturer l’identité de la franchise. Les portes qui claquent, les apparitions et les phénomènes inexplicables deviennent autant d’occasions de pousser Latouche dans ses retranchements.

Élie Semoun retrouve d’ailleurs son professeur avec la même énergie. Latouche reste ce mélange de rigidité, de mauvaise foi et de fragilité qui en fait l’un des moteurs comiques de la saga. Le confronter à un adversaire qu’il ne peut ni mettre au tableau ni envoyer chez le directeur offre naturellement quelques situations réjouissantes.

Émilie Caen conserve de son côté toute la fantaisie de Mademoiselle Rateau. Le déménagement du couple permet également de déplacer une partie de l’action hors de l’école et de donner davantage de place à leur relation.

Charlie Garnier Naslin apporte à Ducobu l’insolence nécessaire sans oublier la dimension attachante du personnage. Face à Anatole, le jeune cancre découvre surtout quelqu’un qui pousse sa propre philosophie beaucoup plus loin. Leur rencontre fonctionne alors comme un amusant passage de relais entre deux générations de spécialistes de la catastrophe scolaire.

Léonie, Kitrish et les parents viennent progressivement rejoindre cette aventure collective. Le film prend alors des allures de chasse au fantôme familiale où chacun possède évidemment sa propre manière de réagir aux événements surnaturels.

Le scénario de Guy Laurent et Élie Semoun reste fidèle au public visé. Les gags sont nombreux, les situations volontairement exagérées et l’univers horrifique demeure suffisamment léger pour rester accessible aux plus jeunes. Halloween sert davantage de prétexte à une grande récréation fantastique qu’à provoquer de véritables frissons.

Cette simplicité constitue à la fois la qualité et la limite du film. Ceux qui connaissent déjà la saga retrouveront une mécanique familière : Latouche s’énerve, Ducobu improvise, les adultes perdent le contrôle et une nouvelle catastrophe entraîne la suivante. Le surnaturel apporte une variation bienvenue, sans bouleverser profondément la formule.

Mais Ducobu n’a jamais prétendu rechercher la sophistication. La série repose sur ses personnages, son humour très direct et cette opposition éternelle entre l’institution scolaire et l’imagination débordante de son plus célèbre cancre.

En faisant apparaître Anatole, le film trouve même une jolie idée derrière ses plaisanteries : Ducobu découvre qu’il existait des cancres bien avant lui et qu’il en existera probablement encore longtemps après.

Drôle, rythmé et parfaitement calibré pour son jeune public, Ducobu et le fantôme de Saint-Potache profite intelligemment d’Halloween pour apporter un peu de fantastique à une formule désormais bien rodée. Élie Semoun reste particulièrement efficace en Latouche dépassé par des événements qu’aucun règlement scolaire ne peut résoudre, tandis que l’arrivée d’Anatole offre à Ducobu un amusant alter ego venu du passé. Rien de révolutionnaire au programme, mais une aventure familiale généreuse qui devrait largement remplir sa mission pendant les vacances : faire rire les enfants en transformant Saint-Potache en joyeuse maison hantée.

2:22 A Ghost Story : quand Louane nous entraîne jusqu’au bout de la nuit

Après avoir conquis Londres et connu de nombreuses adaptations à travers le monde, 2:22 A Ghost Story pose ses valises au Théâtre Fontaine. Porté par Louane Emera, Guillaume Labbé, Constance Dollé et Valentin de Carbonnières, ce thriller surnaturel imaginé par Danny Robins joue avec nos certitudes et nos peurs les plus profondes. Une mécanique théâtrale particulièrement efficace, dont il serait criminel de révéler le dénouement.

Il est 2h22. Toutes les nuits, à la même heure, Jeanne entend quelque chose dans sa maison.

Depuis qu’elle s’y est installée avec Sam et leur bébé, elle en est convaincue : ils ne sont pas seuls. Quelque chose rôde entre ces murs. Une présence ? Un fantôme ? Ou simplement le fruit de l’imagination d’une jeune mère épuisée ?

Sam, astrophysicien profondément cartésien, ne veut évidemment rien entendre. Pour lui, tout phénomène possède une explication rationnelle. Mais lorsqu’un couple d’amis, Laura et Ben, vient dîner chez eux, la soirée va progressivement se transformer en véritable confrontation entre croyance et raison.

Une seule solution pour savoir qui a raison : rester éveillés jusqu’à 2h22.

La peur naît de l’attente

La grande réussite de 2:22 A Ghost Story tient moins dans ce que la pièce montre que dans ce qu’elle nous laisse imaginer.

Danny Robins reprend les codes classiques de l’histoire de maison hantée pour mieux construire un huis clos psychologique. Ici, pas besoin d’une débauche d’effets spectaculaires : une lumière, un bruit, un silence légèrement trop long suffisent à installer le doute.

Ladislas Chollat, qui signe la mise en scène ainsi que l’adaptation française avec Léonard Matton, comprend parfaitement cette mécanique. La scénographie d’Emmanuelle Roy transforme la maison en cinquième personnage. Elle paraît familière, presque rassurante, mais devient progressivement un espace dont on observe chaque recoin avec méfiance.

Le travail sonore d’Alain Roy et les lumières d’Alban Sauvé participent énormément à cette montée de la tension. Le spectacle sait provoquer quelques véritables sursauts, mais il évite de reposer uniquement sur eux. Le plus inquiétant reste cette attente permanente : que va-t-il se passer à 2h22 ?

Louane surprend dans un registre plus sombre

Au centre du spectacle, Louane Emera hérite d’un rôle particulièrement exposé avec Jeanne. Elle doit immédiatement nous faire accepter la peur de son personnage sans que celle-ci ne bascule dans l’hystérie ou la caricature.

Et elle s’en sort avec beaucoup de justesse.

Sa Jeanne est fragile sans être faible, inquiète mais déterminée. Plus Sam cherche à rationaliser ce qu’elle ressent, plus son isolement devient palpable. Louane apporte au personnage une vulnérabilité qui fonctionne particulièrement bien dans les moments les plus intimes.

Face à elle, Guillaume Labbé campe un Sam sûr de ses raisonnements, parfois agaçant dans son besoin permanent de trouver une explication logique. Leur opposition constitue l’un des moteurs du spectacle : derrière l’histoire de fantômes se dessine aussi celle d’un couple qui ne parvient plus vraiment à s’écouter.

Constance Dollé et Valentin de Carbonnières complètent efficacement ce quatuor. L’arrivée de Laura et Ben permet surtout à la pièce de multiplier les points de vue. Chacun possède sa propre relation au surnaturel, à la peur et à la mort, donnant lieu à des échanges souvent drôles avant que l’atmosphère ne se fasse beaucoup moins légère.

Croire ou ne pas croire ?

C’est finalement là que 2:22 A Ghost Story devient plus intéressante qu’une simple histoire de fantômes.

Pendant près de deux heures, la pièce nous demande constamment de choisir notre camp. Faut-il croire Jeanne ? Sam a-t-il raison de chercher une explication scientifique ? Les manifestations surnaturelles existent-elles réellement ou voulons-nous simplement y croire parce qu’elles donnent un sens à ce que nous ne comprenons pas ?

Chaque personnage apporte ses certitudes, mais Danny Robins prend un malin plaisir à les fragiliser.

Le spectateur devient alors lui aussi enquêteur. On observe le décor, on écoute les conversations différemment, on cherche l’indice qui aurait pu nous échapper. Et plus l’heure fatidique approche, plus la tension augmente.

Puis arrive 2h22.

Nous n’en dirons évidemment rien.

Car le plaisir du spectacle repose largement sur sa dernière partie et sur la manière dont celle-ci oblige à reconsidérer ce que l’on vient de voir. Certaines scènes, certains dialogues et certains comportements prennent soudain une autre dimension.

Un thriller théâtral particulièrement efficace

Après sept saisons à Londres, une importante tournée britannique et irlandaise et de multiples productions internationales, on comprend facilement pourquoi 2:22 A Ghost Story a rencontré un tel succès.

La pièce possède cette efficacité presque cinématographique des bons thrillers populaires : un lieu unique, quatre personnages, un mystère immédiatement compréhensible et un compte à rebours que le public peut suivre.

Tout n’est pas constamment terrifiant et quelques échanges pourraient parfois gagner à être resserrés, mais la mécanique fonctionne. On rit, on doute, on guette le prochain bruit et, surtout, on veut connaître la vérité.

Avec cette adaptation française portée par un quatuor convaincant et une mise en scène qui sait parfaitement jouer avec les nerfs du public, 2:22 A Ghost Story réussit son arrivée parisienne. Un thriller surnaturel accessible et prenant, à découvrir en évitant soigneusement les spoilers.

Informations pratiques

2:22 A Ghost Story, une pièce de Danny Robins, mise en scène par Ladislas Chollat, dans une traduction et adaptation de Léonard Matton et Ladislas Chollat.

Avec Louane Emera, Guillaume Labbé, Valentin de Carbonnières et Constance Dollé.

📍 Théâtre Fontaine – 10 rue Pierre Fontaine, Paris 9e
📅 À partir du 15 septembre 2026
⏱ Durée : environ 1h50

L’Affaire Zanetti De Leonardo Di Costanzo | Par Leonardo Di Costanzo, Bruno Oliviero Avec Roschdy Zem, Barbara Ronchi, Hippolyte Girardot

Elisa Zanetti a été condamnée pour un crime dont elle dit ne presque rien se rappeler. Dix ans plus tard, le professeur Alaoui, criminologue de renom, rouvre son dossier. Un face-à-face tendu s’engage entre les deux. Peu à peu, les souvenirs enfouis refont surface, et avec eux, une vérité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Jusqu’où peut-on aller pour entrer dans l’esprit d’une criminelle ?

L’Affaire Zanetti s’installe dans cette zone particulièrement trouble où mémoire, culpabilité et vérité judiciaire cessent de parfaitement coïncider. Leonardo Di Costanzo transforme la réouverture d’un dossier criminel en face-à-face psychologique entre une femme condamnée depuis dix ans et un criminologue persuadé qu’il reste quelque chose à découvrir derrière ses souvenirs fragmentaires.

Elisa Zanetti a été reconnue coupable d’un crime dont elle affirme ne conserver que peu de souvenirs. Une décennie plus tard, le professeur Alaoui, criminologue réputé, décide de reprendre son dossier. Commence alors une série d’entretiens dont l’objectif paraît simple : comprendre ce qui s’est réellement passé.

Mais entrer dans la mémoire d’Elisa revient à pénétrer dans un territoire où rien n’est totalement fiable.

Leonardo Di Costanzo et Bruno Oliviero construisent intelligemment leur scénario autour de cette incertitude. Elisa ne sait-elle réellement plus ? Refuse-t-elle de se souvenir ? A-t-elle reconstruit les événements pour pouvoir continuer à vivre ? Et jusqu’à quel point Alaoui peut-il orienter les réponses en cherchant précisément la vérité qu’il pense enfouie ?

Le film trouve son principal intérêt dans ce duel.

Roschdy Zem apporte au professeur Alaoui une autorité calme qui convient parfaitement au personnage. Il écoute, analyse, reformule et revient sur un détail apparemment insignifiant. Mais derrière cette maîtrise apparaît progressivement une forme d’obsession. Plus il cherche à pénétrer l’esprit d’Elisa, plus la frontière entre investigation scientifique et intrusion psychologique devient fragile.

Barbara Ronchi lui oppose un jeu beaucoup plus difficile à saisir. Elisa peut sembler vulnérable dans une scène et presque impénétrable dans la suivante. L’actrice évite intelligemment de fournir au spectateur une clé immédiate permettant de décider s’il doit croire son personnage.

Cette ambiguïté nourrit toute la tension de L’Affaire Zanetti. La question n’est bientôt plus uniquement de savoir ce qu’Elisa a fait, mais de déterminer ce qu’un souvenir peut encore valoir dix ans après les faits.

La mémoire devient ainsi un personnage à part entière. Elle sélectionne, transforme, protège parfois. Lorsqu’un fragment réapparaît, rien ne garantit qu’il corresponde exactement à la réalité. Le film exploite cette fragilité sans multiplier artificiellement les retournements de situation.

Hippolyte Girardot complète efficacement le dispositif en ramenant régulièrement cette exploration psychologique vers les réalités extérieures de l’affaire. Car aussi fascinante soit-elle pour le criminologue, Elisa n’est pas uniquement un esprit à analyser : son histoire implique un crime, une condamnation et des conséquences humaines.

La mise en scène de Leonardo Di Costanzo privilégie logiquement les espaces fermés et les visages. Une grande partie de la tension naît de conversations où chaque silence devient suspect. La caméra observe les réactions plutôt que de chercher constamment à les expliquer, laissant au spectateur une place active dans l’enquête.

Le film interroge également la position d’Alaoui. Jusqu’où un criminologue peut-il pousser quelqu’un pour obtenir une vérité ? Faire ressurgir un souvenir constitue-t-il nécessairement un progrès lorsque celui-ci a peut-être été enfoui pour permettre au sujet de survivre psychologiquement ?

Cette dimension permet au récit de dépasser la mécanique du cold case. L’Affaire Zanetti devient progressivement une réflexion sur le pouvoir de celui qui pose les questions. Un entretien n’est jamais totalement neutre : la manière d’interroger peut modifier la manière de raconter.

Inspiré d’une histoire vraie, le film aurait facilement pu céder au sensationnalisme du true crime. Di Costanzo choisit au contraire la retenue. Cette sobriété peut donner à certains passages un rythme volontairement austère, mais elle permet également de maintenir l’attention sur ce qui compte réellement : la confrontation entre deux intelligences et une vérité qui semble changer chaque fois que l’on croit pouvoir la saisir.

Dense, ambigu et remarquablement interprété, L’Affaire Zanetti préfère la tension psychologique aux artifices du thriller judiciaire. Roschdy Zem et Barbara Ronchi se livrent un face-à-face fascinant où chaque question peut devenir une forme de manipulation et chaque souvenir une nouvelle source de doute. Leonardo Di Costanzo signe surtout une réflexion troublante sur la mémoire et sur notre besoin de transformer des événements complexes en vérité définitive. Un thriller cérébral qui pose finalement une question vertigineuse : lorsqu’un souvenir revient, comment savoir s’il révèle enfin la vérité ou s’il en invente une nouvelle ?

Unabomber De Janus Metz Pedersen | Par Sam Chalsen, Nelson Greaves Avec Shailene Woodley, Russell Crowe, Jacob Tremblay

La transformation de Kaczynski, prodige de Harvard, en célèbre Unabomber, qui a mené une campagne nationale d’attentats à la bombe aux États-Unis de 1978 à 1995, tuant trois personnes et en blessant 23.Unabomber s’attaque à l’une des trajectoires criminelles les plus marquantes de l’histoire américaine contemporaine en choisissant de remonter aux origines de la radicalisation de Ted Kaczynski. Janus Metz Pedersen ne cherche pas seulement à reconstituer une longue traque policière : il observe comment un jeune homme aux capacités intellectuelles exceptionnelles s’isole progressivement jusqu’à justifier la violence au nom de ses convictions.

Le film suit ainsi la transformation de Kaczynski, passé par Harvard avant de devenir celui que l’Amérique connaîtra sous le surnom d’Unabomber. Pendant près de deux décennies, ses colis piégés vont installer une menace difficilement identifiable et provoquer une gigantesque enquête fédérale.

L’intérêt du scénario de Sam Chalsen et Nelson Greaves réside dans cette volonté de raconter un processus plutôt qu’un monstre déjà constitué. Comment une pensée se referme-t-elle sur elle-même ? À quel moment une conviction devient-elle obsession ? Et surtout, comment un individu finit-il par considérer des inconnus comme des cibles légitimes au service d’une cause qu’il s’est lui-même construite ?

Le danger d’un tel projet serait évidemment de confondre explication et justification. Unabomber prend soin de maintenir cette distinction. Les capacités intellectuelles de Kaczynski et la cohérence qu’il attribue à son propre raisonnement ne diminuent jamais la réalité de ses actes ni leurs conséquences humaines.

Russell Crowe trouve dans cette matière un rôle particulièrement sombre. Son interprétation privilégie moins la démonstration spectaculaire que l’enfermement progressif. L’isolement physique devient le prolongement d’un isolement intellectuel : le personnage construit un monde dans lequel chaque événement semble confirmer ce qu’il pense déjà.

Shailene Woodley apporte un nécessaire contrechamp à cette trajectoire. Son personnage permet au récit de sortir régulièrement de la seule perspective de Kaczynski et d’éviter que le film ne devienne le portrait complaisant d’un criminel transformé en génie incompris. Jacob Tremblay participe quant à lui à l’exploration des années qui précèdent cette radicalisation.

Janus Metz Pedersen privilégie une atmosphère froide et méthodique. Le contraste entre l’immensité des paysages, la solitude de Kaczynski et la peur provoquée à travers tout le pays donne au film une tension particulière. Un homme presque invisible parvient à installer une menace nationale.

Le récit trouve également sa force dans l’opposition entre intelligence et rationalité. Être capable de développer un raisonnement complexe ne signifie pas que ses conclusions soient moralement ou factuellement légitimes. Le film montre précisément comment une pensée peut devenir un système fermé dans lequel la contradiction n’existe plus.

La dimension true crime demeure cependant délicate. Le cinéma possède une tendance naturelle à rendre fascinants les criminels qu’il place au centre de ses récits. Unabomber fonctionne mieux lorsqu’il résiste à cette tentation et rappelle les conséquences concrètes derrière la construction médiatique du personnage.

Certaines étapes biographiques peuvent donner au récit une structure plus conventionnelle, et la volonté d’expliquer la trajectoire de Kaczynski risque parfois de prendre le pas sur ceux qui ont subi ses actes. Mais le film retrouve son équilibre lorsqu’il confronte constamment l’idéologie revendiquée à la violence qu’elle sert à légitimer.

Sombre, méthodique et volontairement inconfortable, Unabomber aborde Ted Kaczynski par le processus de radicalisation plutôt que par la fascination criminelle. Janus Metz Pedersen observe comment l’isolement, l’obsession et une idéologie devenue imperméable à toute contradiction peuvent conduire à la violence. Russell Crowe livre une interprétation inquiétante précisément parce qu’elle évite d’en faire une figure spectaculaire. Un true crime solide qui trouve sa pertinence lorsqu’il cherche à comprendre une mécanique sans jamais transformer cette compréhension en excuse.

Hungry De James Nunn | Par James Nunn Avec Madison Davenport, Joaquim de Almeida, Tracey Bonner

Un groupe de vacanciers se retrouve au milieu des marécages de Louisiane poursuivi par un hippopotame.

Hungry ne cherche pas midi à quatorze heures : quelques vacanciers, les marécages de Louisiane et un hippopotame qui a manifestement décidé de transformer leur séjour en cauchemar. James Nunn assume pleinement le principe du survival animalier et mise sur une menace rarement exploitée au cinéma pour renouveler, au moins dans son prédateur, une formule parfaitement connue.

Le scénario tient presque entièrement dans son concept. Un groupe s’aventure dans les marécages avant de comprendre qu’il partage désormais le territoire d’un hippopotame particulièrement agressif. À partir de là, l’objectif devient élémentaire : sortir vivant de cet environnement.

Le choix de l’animal constitue évidemment la principale curiosité de Hungry. Là où le cinéma de survie a largement épuisé requins, crocodiles et autres prédateurs, l’hippopotame possède quelque chose d’à la fois inattendu et presque incongru. Le film joue intelligemment sur cette perception : difficile, au premier abord, d’imaginer l’animal comme une créature de cinéma horrifique, ce qui rend ses premières apparitions d’autant plus efficaces.

James Nunn comprend surtout qu’il ne faut pas chercher à transformer son histoire en drame existentiel. Hungry appartient ouvertement à la série B et s’en porte très bien. On attend des attaques, des personnages coincés au mauvais endroit, quelques décisions catastrophiques et cette traditionnelle question : qui sera encore là au générique de fin ?

Les marécages de Louisiane offrent un excellent terrain de jeu. L’eau trouble empêche de savoir exactement ce qui se trouve à quelques mètres, la végétation réduit la visibilité et chaque déplacement devient potentiellement dangereux. Le décor permet ainsi de retarder l’apparition du prédateur et de construire la tension autour de sa présence plutôt que de constamment le montrer.

Madison Davenport porte efficacement cette lutte pour la survie et apporte suffisamment de crédibilité aux moments les plus physiques. Joaquim de Almeida possède naturellement une présence qui donne un peu d’épaisseur à l’ensemble, tandis que Tracey Bonner participe à une dynamique de groupe indispensable dans ce type de récit.

Car le véritable plaisir du genre vient aussi des réactions humaines face au danger. La peur révèle rapidement les tempéraments, les solidarités deviennent fragiles et les décisions les plus rationnelles ne sont pas nécessairement celles qui sont prises lorsqu’un hippopotame surgit à proximité.

Le film n’échappe évidemment pas aux conventions. Certains comportements sont là pour provoquer l’attaque suivante, plusieurs situations peuvent être anticipées et les personnages restent parfois définis davantage par leur fonction dans le survival que par leur profondeur psychologique.

Mais reprocher à Hungry sa simplicité reviendrait presque à lui reprocher son principe même. James Nunn veut avant tout construire une attraction horrifique efficace, généreuse et légèrement improbable. Lorsque le film accepte pleinement cette dimension, il devient beaucoup plus réjouissant.

Tout repose alors sur le rythme, l’utilisation du décor et la capacité à faire de cet animal massif une présence réellement menaçante. L’hippopotame n’a pas besoin d’être transformé en monstre surnaturel : sa puissance suffit largement à justifier la panique des personnages.

Direct, tendu et délicieusement improbable, Hungry assume sans complexe son statut de série B animalière. James Nunn remplace les traditionnels requins et crocodiles par un hippopotame et transforme les marécages de Louisiane en terrain de chasse particulièrement efficace. Le scénario ne révolutionne absolument rien et certains personnages semblent parfois prendre les mauvaises décisions uniquement pour alimenter le carnage, mais l’essentiel est ailleurs : du suspense, des attaques et un prédateur suffisamment original pour donner envie de participer à cette petite folie. À regarder pour ce qu’il est : un survival animalier généreusement régressif.

Christmas is not dead de Adèle Ninay

Deux cœurs cabossés. Une tempête. Un Noël pour tout changer.

Adèle Ninay revisite la romance de Noël en lui apportant une énergie résolument rock. Avec Christmas is not dead, pas de rencontre parfaite sous les guirlandes ni de coup de foudre immédiat : Suzanne et Alex sont deux jeunes adultes cabossés qui ont surtout appris à se méfier de l’amour.

Suzanne est chanteuse dans un groupe punk. Flamboyante, indépendante et toujours en mouvement, elle enchaîne les concerts tout en évitant soigneusement de s’attacher. Derrière cette liberté revendiquée se cache surtout une peur beaucoup plus intime : aimer signifie prendre le risque de souffrir, et Suzanne préfère ne laisser à personne la possibilité de lui briser le cœur.

Alex semble être son exact opposé. Britannique flegmatique, marqué par une rupture, il s’est installé sur une île bretonne où il mène une existence tranquille en tenant un bar-magasin de vinyles. Là où Suzanne vit dans le bruit, la scène et le mouvement, Alex s’est construit un quotidien fait de calme et de retrait.

Il suffit alors d’une tempête de neige, à quelques jours de Noël, pour bouleverser leurs certitudes. Bloqués sur la même île, les deux jeunes gens sont contraints de se côtoyer. Tout les oppose, mais cet isolement leur donne précisément le temps qu’ils n’auraient probablement jamais accepté de s’accorder ailleurs.

Adèle Ninay choisit le slow burn et laisse donc la relation se construire progressivement. Les différences provoquent des étincelles, les défenses ne tombent pas immédiatement et l’attirance ne suffit pas à effacer les blessures. Suzanne comme Alex doivent d’abord accepter de regarder ce qui les empêche encore de faire confiance.

Le décor breton participe beaucoup au charme de cette histoire. L’île coupée du monde par la neige devient une parenthèse presque hors du temps. Les concerts et la vie mouvementée de Suzanne semblent soudain très loin, tout comme les habitudes derrière lesquelles Alex s’était réfugié. Cet enfermement involontaire devient paradoxalement un espace où chacun peut commencer à se libérer de ses propres peurs.

La musique constitue également un joli trait d’union entre eux. D’un côté, une chanteuse punk ; de l’autre, un homme qui vend des vinyles. Leurs personnalités sont différentes, mais cette passion commune crée un langage capable de rapprocher deux univers qui semblaient incompatibles.

La construction en vingt-cinq chapitres renforce enfin l’esprit de feuilleton de Noël. On peut dévorer le roman d’une traite ou choisir d’en découvrir progressivement les étapes, en accompagnant Suzanne et Alex jusqu’aux fêtes. Cette structure convient particulièrement bien à une romance qui préfère faire grandir les sentiments plutôt que les précipiter.

Derrière son ambiance hivernale et ses références musicales, Christmas is not dead parle surtout de la difficulté de recommencer à aimer lorsqu’on s’est convaincu que la solitude était plus sûre. Suzanne fuit l’attachement avant qu’il puisse la blesser ; Alex s’est isolé après avoir déjà souffert. Leur rencontre vient forcément déranger cet équilibre.

Une romance de Noël chaleureuse et résolument rock, portée par deux personnages imparfaits que l’on prend plaisir à voir progressivement baisser la garde. Entre punk, vinyles, tempête bretonne et sentiments qui prennent leur temps, Adèle Ninay rappelle que certains cœurs ne sont pas morts : ils avaient simplement besoin de rencontrer quelqu’un capable de leur donner envie de battre à nouveau

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 24 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 360 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095060202 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095060206